été ciné 2020 – Film #7 : Taxi Driver

été ciné 2020 – Film #7 : Taxi Driver

Chauffeur de taxi la nuit, Travis Bickle est quotidiennement confronté à la criminalité, à la violence et à la corruption. Déambulant dans le New York crapuleux des années 1970, Travis est isolé, sans famille ni amis. Accablé par l’atmosphère crasseuse et morbide qui règne dans les rues de sa ville, il développe, animé par un désir de reconnaissance, une volonté fiévreuse de nettoyer New York de sa racaille pullulante.

Taxi Driver, sorti en salle en 1976, est à mon goût l’un des films les plus intriguants de Martin Scorsese. En fait, le film est davantage celui de son scénariste Paul Schrader que le sien. Dépressif, alcoolique et solitaire, errant dans le New York décrépi des années 1970, Schrader s’inspira de sa propre situation pour accoucher du script de Taxi Driver en quinze jours seulement. Le film brille ainsi par son authenticité et son originalité, transpirant le réalisme et le vécu. Porté par Robert De Niro et Jodie Foster, Taxi Driver personnifie le malaise de nombreux new yorkais à une époque où la ville était l’une des plus criminelles des Etats-Unis. « Lorsque Paul Schrader s’est lancé dans le script de Taxi Driver, il avait pour idée d’écrire sur la solitude. Mais plus il progressait dans l’histoire, plus il se rendit compte qu’il écrivait sur la « pathologie de la solitude ». Sa théorie était la suivante : Inconsciemment, certaines personnes ont tendance à repousser les autres pour maintenir leur solitude bien que la principale source de leur tourment soit précisément cette solitude. »

Soutenu par une réalisation léchée, le film est visuellement très puissant. Dans l’obscurité de la nuit se reflètent les enseignes colorées de la ville animée. En résulte une colorimétrie relevée et des ambiances variées. Ainsi la véhémence de la nuit fait elle face aux tonalités plus moroses du jour. Paradoxalement, la ville ne s’éveille qu’après le coucher du soleil, tout comme pour Travis Bickle, insomniaque et chauffeur nocturne. Remarquons également l’importance accordée aux émotions, associées à une large palette de couleurs ; je pense notamment aux néons rouges écarlates qui agressent férocement le visage de Bickle lorsque celui-ci partage ses idées noires à l’un de ses collègues de travail.

Taxi Driver est simplement un chef d’œuvre du cinéma américain, l’un des pionniers du septième art et très certainement le film le plus marquant de Martin Scorsese. Il signe avec ce film sa deuxième collaboration (après Mean Streets) avec son acteur fétiche Robert De Niro, presque méconnaissable dans son rôle. Le réalisateur s’autorise même une courte mais savoureuse apparition lors d’une scène particulièrement étrange… Ouvrez l’oeil ! Quoi de mieux que d’achever l’été avec un bon Scorsese ?

 

Benjamin Attia

 

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