Top films de confinement – semaine 1

Top films de confinement – semaine 1

L’ACD est là pour mettre du soleil dans ton confinement.
Top des films de confinement semaine 1, c’est parti :

 

Azur et Asmar

Si tu es déçu de ne pas avoir pu assister à notre projection, n’hésite pas à (re)découvrir Azur et Asmar de Michel Ocelot, qui a bercé l’enfance de plus d’un ! Plonge dans l’aventure de deux jumeaux à la poursuite de la fée des Djins, un voyage en terres magiques, recelant autant de dangers que de merveilles…

Lien streaming légal – MyTF1VOD : https://mytf1vod.tf1.fr/kids/azur-et-asmar-7718

Rosalie

 

 

Brokeback Mountain 

Pour un grand bol d’air frais et des paysages à perte de vue, tu peux regarder Brokeback Mountain, qui raconte l’histoire de deux jeunes hommes engagés comme berger et gardien de troupeau le temps d’un été. Loin de la ville et du regard de la société, la dimension de leur romance devient vite aussi vaste que les grandes montagnes du Brokeback…

Lien streaming légal – Amazon Prime Video : https://www.amazon.com/Brokeback-Mountain-Heath-Ledger/dp/B000I9TXK6

Savannah

 

 

Princess Bride

Princess Bride fait partie de ces films parfaits pour les jours pluvieux et les moments d’ennui profond. Le film commence littéralement par un grand père lisant un livre à son petit-fils malade, cloué au lit. L’histoire en question a tout pour plaire : de la romance, de l’action, de la trahison et de l’humour. Infusez vous une tasse de votre thé préféré et laissez vous emporter par la magie de cette pépite de Rob Reiner. Un film culte à voir et revoir quand on rêve d’évasion et d’aventures.

Lien streaming légal – MyCanal : https://www.canalplus.com/cinema/princess-bride/h/8018748_40099

Angela

 

 

Thelma et Louise

Des bandes d’asphalte qui s’étendent à perte de vue, des paysages jaunes, chauds et arides. Une bouffée d’air chaud, irrespirable, plein de désirs. Brad Pitt en jean taille haute et chapeau de cow-boy (avec ou sans tee-shirt), deux femmes sublimes en quête de liberté. Une amitié explosive pour écraser les machos et les pervers, une fuite en avant, loin de la cuisine et de la routine. Bref, un road movie mémorable et féministe pour égayer un peu ton quotidien monotone, pour t’évader et te donner envie de te faire un petit bronzage agricole. 

Lien streaming légal – MyCanal : https://www.canalplus.com/cinema/thelma-et-louise/h/286181_50002

Marguerite

 

 

Paris, Texas

Paris, Texas, road-movie atypique et silencieux, nous plonge dans des paysages américains désertiques tout droit sortis des tableaux d’Hopper.
Le thème de l’apprentissage de la paternité est abordé avec beaucoup de délicatesse et d’originalité, tout comme celui de l’amour déchu, et les personnages sont, à l’image de l’intrigue, aussi inattendus qu’attachants. En ces temps de confinement, Paris, Texas est donc une évasion facile et agréable, entre cactus et peep-shows. 

Lien streaming légal – MyCanal : https://www.canalplus.com/cinema/paris-texas/h/2173705_40099

Aude Laupie

 

 

Rain Man

Les Etats-Unis au plein coeur des années 80′, c’est déjà un point point. Ensuite, Charlie (Tom Cruise quand même), vingtenaire avide de l’héritage de son père, qui découvre peu à peu l’univers de son frère autiste Raymond. Drôle et touchant, tout ce dont on a besoin en ce moment.

Lien streaming légal – Orange : https://video-a-la-demande.orange.fr/film/RAINMANXXXXW0012813/rain-man

Sophie

 

 

Hotel WoodStock

L’histoire vraie d’Elliot Tiber qui accueilli sur ses terres le festival de Woodstock en 1969, point d’orgue de la culture hippie. Une aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de sa famille. L’ambiance planante générale du film, ses grands espaces naturels et son goût de liberté te feront oublier ton isolement.

Lien streaming légal – MyCanal : https://www.canalplus.com/cinema/hotel-woodstock/h/4697361_50002

 

 

Arizona Dream 

Axel, un orphelin de 20 ans, vit davantage dans un monde rempli de rêves et de poissons volants qu’à New York, où il habite. Par l’esprit, il se transporte souvent sur la banquise lointaine et vierge. Leo Sweetie, son oncle, l’invite chez lui en Arizona, à l’occasion de son mariage. Il aimerait bien que son neveu reste en Arizona, rencontre l’amour de sa vie et reprenne son magasin d’automobiles d’occasion.

Lien streaming légal – MyCanal : https://www.canalplus.com/cinema/arizona-dream/h/422278_50002

Coups de Coeur des Acédiens (2010-2020)

Coups de Coeur des Acédiens (2010-2020)

Nous t’avons révélé notre Top 10 des films de 2019, mais il était aussi important pour nous d’écrire sur nos coups de coeur respectifs de la décennie.

 

La Chasse 

Coup de Coeur de Justine Lieuve

La scène d’ouverture de La Chasse ne laissait nullement présager le drame qui allait se dérouler sous nos yeux pendant deux heures : non loin d’un petit village de la campagne danoise, des hommes dans la force de l’âge sautent nus dans un lac tout en s’apostrophant et en riant à gorge déployée. Parmi eux, on remarque assez vite un homme en retrait, plus discret, plus calme. Lucas a la quarantaine, les traits délicats et le regard doux, légèrement dans le vague ; il détonne face à ses amis plus bruts et plus bruyants. Il travaille dans une maternelle, où il s’entend à merveille avec ses collègues et les enfants ; il vient de divorcer et se bat pour avoir l’autorisation de voir son fils plus souvent. Lucas est foncièrement bon, apprécié de tous ses amis, intégré dans la vie de la commune où subsiste encore une forme de solidarité traditionnelle, là où tout le monde se connaît et s’entraide. Puis vient le jour où Lucas est accusé par Klara, une élève de l’école maternelle et fille d’un de ses amis, de l’avoir attouchée entre deux heures cours. Lucas, tout comme le spectateur, ne comprend pas d’où peut venir cette accusation que l’on sait fausse depuis le début. Mais il est trop tard : à peine les mots prononcés que le mensonge s’est propagé comme une traînée de poudre, a empoisonné les coeurs, a gangréné les relations sociales. Alors que Lucas tente de reconstruire sa vie familiale et amoureuse, le voilà qui voit sa réputation et son intégrité ruinées.

On a parfois reproché à Thomas Vinterberg d’avoir fait un film malhonnête, un réquisitoire contre ceux que l’on a accusé à tort, sous entendu qu’ils sont plus nombreux que l’on ne le croit, d’enlever tout enjeu au film en nous mettant dans la confidence dès le début. Mais plutôt que d’attaquer les fausses victimes – comment, en effet, pourrions-nous nous en prendre à une fillette de cinq ans alors que la vérité sort toujours de la bouche des enfants ? -, La Chasse décortique les rouages du mensonge et de la haine aveugle, la façon dont une rumeur peut enfler, pourrir, jusqu’à la psychose collective, rendue plus aisée par la proximité entre tous les habitants. Le film a l’intelligence de non pas nous perdre dans les méandres d’une enquête policière bien huilée mais de nous placer directement en observateur omniscient qui analyse chaque procédé, chaque geste afin de questionner la facilité du lynchage d’un bouc émissaire trop rapidement désigné – parce qu’il exerce un métier féminin, parce que c’est un homme solitaire. Au fil des heures, nous voyons naître la violence sourde et subreptice – les regards torves, les évitements, les sous-entendus – qui se mue peu à peu en injures, en coups, jusqu’à l’irréparable. La violence a infiltré les individus et les lieux jusqu’à même se trouver là où ne l’attend pas, jusque dans l’église, sous l’oeil d’un dieu que l’on pensait protecteur, qui voit au sein de sa maison même une ire folle éclater.

De par le naturel de la mise en scène héritée du Dogme95 que Vinterberg avait lui-même élaboré quelques années plus tôt – absence de musique, lumière douce et froide, décors d’origine -, le film dépeint avec justesse la cruauté dont sont capables les hommes quand l’aveuglement collectif prime sur la raison. Le titre montre toute l’ambivalence de la nature humaine : la chasse, c’est l’activité qui rassemble les hommes autour d’un même objectif, l’occasion de former un tout qui les dépasse, mais c’est aussi vouloir abattre à tout prix la cible choisie arbitrairement. Alors que le générique apparaît, le spectateur se retrouve sonné, un peu désolé sûrement, avec au dessus de lui cette question lancinante : la vérité triomphera-t-elle toujours à la fin ?

 

The Florida Project

Coup de coeur d’Aude Laupie

Mooney a six ans ; elle vit avec ses amis et sa mère dans le Magic Castle près de Disney World, sous le soleil de Floride. Maintenant changeons de perspective : Halley a une vingtaine d’années, elle vend du parfum sur les parkings pour pouvoir payer son loyer et nourrir sa fille, Mooney. « The Florida Project » séduit par ces deux regards qui s’entremêlent ; le spectateur prend la place tour à tour de Mooney, de Halley ou de Bobby, le gérant protecteur et humain, observateur de ce binôme fragile que forment les deux protagonistes. Sean Baker parvient à peindre un tableau plutôt atypique de la précarité américaine, qui appelle à reconsidérer nos images préconçues : non, être pauvre aux Etats-Unis, ce n’est pas seulement vivre dans le Bronx ou être fermier au Texas. La misère se cache derrière les poupées en plastique, les odeurs sucrées des parfums de contrefaçon, et les vêtements estivaux aussi colorés que fleuris. Cette luminosité des images éclipse en partie la noirceur des conditions de vie des classes populaires aux Etats-Unis ; mais cette éclipse est opportune, en ce qu’elle prend l’allure d’une dénonciation subtile et suggérée, et non d’un pamphlet criant. Ce parti pris social est donc particulièrement bienvenu, et bien amené. 

A cela s’ajoute un regard d’enfant, et ses priorités toutes particulières. Les bêtises des enfants du motel accaparent toute l’attention, et le spectateur appréhende les situations à travers le regard de Mooney, avant tout friand de glaces. La détresse de sa mère, ses propres « bêtises », sont alors décrites par touches, par détails insignifiants pour une enfant mais signifiants pour le spectateur, avec beaucoup de délicatesse et de pudeur. L’enfance est filmée avec une certaine justesse, en proposant une illustration très concrète de l’insouciance : continuer à se sentir princesse dans un château, sans prendre la mesure des fissures qui le menacent. « The Florida Project » m’a marqué pour sa finesse, son traitement des émotions qui évite tout procédé tire-larmes, et sa maîtrise des contrastes ; la scène finale, bien qu’un peu attendue, clôt en beauté ce film admirablement adroit. 

 

La Tête haute

Coup de coeur de Marie Laurent

La Tête haute est un film dont il est difficile de faire simplement l’éloge, car aucun mot ne peut réellement faire rendre compte de la sensation qui nous vient quand on se met face, de cette si brute façon, au combat d’un enfant et de ceux qui l’accompagnent.

Ce film ne se veut pas larmoyant et ne cherche pas la pitié du spectateur, il s’occupe simplement de nous montrer authentiquement une partie des difficultés qui gravitent autour de l’enfant (ici Malory) qui doit être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.

A tous les niveaux le combat de l’enfant placé en foyer est étayé, et les points de vue de la juge des enfants, de l’éducateur et de la mère viennent porter le propos délicat et sensible qui est tenu : aucun enfant ne mérite d’être délaissé et regardé avec mépris.  Tous les enfants ont le droit de vivre et de grandir convenablement, dans un environnement qui leur offre sécurité et bienveillance.

Le film se concentre sur la difficulté de gestion et d’encadrement des centres, sur le tiraillement quant aux prises de décisions de justice, sur le combat intérieur de Malory et sur le grand concept de la confiance et de l’espoir.

Il semble très difficile de faire un film sur le sujet complexe et inconfortable des enfants en situation de rupture familiale et scolaire, et encore plus difficile de le faire de façon nuancée et sans entrer dans le jugement de valeur. C’est alors que Catherine Deneuve porte la voix de la justice désirée face au désespoir de la mère, brillamment jouée par Sara Forestier, et que Rod Paradot se révèle au public en incarnant la rage de vivre et la violence de l’enfant, engendrées par la frustration elle-même née de la misère.

Un axe central du film est celui de l’amour de la mère, qui est contrainte de s’abandonner aux services sociaux malgré son désir de garder près d’elle et de rassurer son fils Malory. Elle incarne l’amour le plus pur, dont l’exercice est freiné par la condition matérielle et intellectuelle dans laquelle elle est emprisonnée : celle d’une jeune mère célibataire, sans argent ni éducation à transmettre.

La lumière de ce film si cru et si direct est la puissance de son humanité. Celle ci fait de lui, à défaut d’une représentation d’une réalité qui se voudrait raisonnable, un cri d’alerte.

En visionnant La Tête haute une fois, puis deux, puis encore de nouvelles, j’ai eu le désir croissant d’agir et de me révolter. J’ai eu envie de me mettre au niveau de tous ceux qui agissent dans ce secteur parfois violent et largement critiqué.

Car le film a touché un point sensible, celui de l’enfance malmenée et de l’éducation, il a réussi à se faire une place digne dans le cinéma français (film d’ouverture au festival de Cannes, César du meilleur espoir masculin, César du meilleur acteur dans un second rôle). Quant à moi, j’ai trouvé ma vocation.

 

Coco

Coup de coeur d’Alexandra Perina

Coco est sûrement l’un des meilleurs films d’animation qui m’a été donné de voir.  Et le film de toutes les audaces (réussies). Mené par les équipes de Lee Unkrich et Adrian Molina qui produisent une réussite signée Pixar tant dans la forme que dans le fond.

On y suit les aventures de Miguel, un petit garçon qui en dépit de la haine de sa famille pour la musique, ne rêve que d’une chose : en faire sa carrière ! Mais pour suivre les traces de son ancêtre, le célèbre artiste Ernesto de la Cruz, il lui faudra risquer sa vie. Suite à un vol de guitare, Miguel, maudit, sera emprisonné dans le royaume des morts. Il devra, pour en sortir, avoir la bénédiction de ses ancêtres avant que le soleil ne se lève. A la recherche d’Ernesto, il se lie d’amitié avec Hector, un squelette un peu filou. Ensemble, ils vont découvrir la vérité sur l’histoire familiale. 

Un synopsis abordant le thème de la mort à travers la culture mexicaine, en abordant des problématiques liées à la famille. Oui, c’est audacieux. Cela pourrait en étonner plus d’un pour un film destiné aux enfants et pourtant Coco surprend par ses belles couleurs chatoyantes, sa lumière et sa joie. Le royaume des morts, loin d’être cette vision glauque et déprimante habituellement servie, est ici un univers féérique dont on ne peut qu’admirer paradoxalement “la vie”. Les morts, représentés par des squelettes très expressifs, mènent une (non-)existence somme toute banale : ils travaillent, suivent la mode, vont en concert… C’est même Miguel, le vivant, qui est ici l’étranger et “l’anormal” ce qui est assez comique. Les personnages sont très attachants.

Techniquement, rien à redire, c’est une claque visuelle. Les dessins sont absolument magnifiques et la scène du pont des feuilles illuminés éblouie. On croise aussi dans le royaume des drôles de bêtes multicolores. Et si on prête attention, de nombreux détails et références sont cachés dans chaque plan !

Tout ceci donne une vision décomplexée de la mort pour les enfants tout en traitant de sujets difficiles comme la transmission, le deuil et l’oubli de manière subtile, honnête et touchante. Ainsi, si personne ne pose ta photo le jour de la célébration des morts, tu ne peux traverser le pont pour voir ta famille… Car on aborde bien la dimension spirituelle de la mort de manière poignante (mais pas de spoil ici). On nous parle aussi des oppositions : entre les jeunes et les vieux, entre le souhait de la famille et les aspirations individuelles, la tradition et l’émancipation…De quoi sortir des réflexions plein la tête.

Le film est bien rythmé par le chant et la danse auquel s’ajoute souvent un comique de situation. Cependant, il ne faut pas se méprendre, l’histoire est somme toute assez triste.  La scène du concert d’Ernesto est exquise. Pas de place pour l’ennui dans cette aventure riche de surprise. Les rebondissements sont crédibles et bien ficelés. La musique crée une ambiance unique, délicieuse par son exotisme, elle nous emporte dans le monde, du début à la fin. Une fin d’ailleurs touchante, humble et pleine de tendresse. Il m’a fallu du temps pour revenir à la réalité après ce film à l’ambiance unique. A voir pour (et avec) toute la famille !

 

Inception

Coup de Coeur de Salomé Ferraris

Rappelez-vous, l’été 2010 démarrait sur des chapeaux de roues. Deux ans après son célèbre The Dark Knight, Christopher Nolan revenait avec une oeuvre aussi complexe que palpitante : Inception. 

Dom Cobb ( Leonardo DiCaprio ) est un voleur et espion passé maître dans l’art de l’extraction, technique consistant à s’approprier les secrets enfouis au plus profond de notre subconscient. Mais cette activité dangereuse lui a fait perdre tout ce qui lui est cher. Afin de retrouver son ancienne vie il va tenter l’irréalisable : l’inception. Il ne doit plus subtiliser un rêve mais implanter une idée dans l’esprit d’un magnat industriel. Il s’agit ici de créer un rêve collectif où l’on peut se perdre… à jamais. 

Tout en respectant les codes d’un film classique de braquage, entre recrutements, entraînements et mission finale, Nolan choisit de plonger dans les arcanes même du cerveau. Pour décortiquer les méandres du subconscient, le réalisateur part d’un postulat simple : l’esprit humain n’est pas soumis aux lois de la physique. Ainsi, malgré les changements de gravité et les emboîtements de rêves ( sur 4 niveaux ), le spectateur  ne se perd pas au milieu de ce labyrinthe onirique. Les rouages narratifs s’imbriquent parfaitement pour former un scénario cohérent et rythmé : celui d’un hold up mental, tant pour la cible que pour le public.

En créant son propre univers dans les rêves, Cobb maîtrise l’espace. Mais il va plus loin en s’amusant avec le temps. En effet, plus l’espion s’enfonce dans les couches oniriques, plus le temps s’écoule lentement. Des années dans le subconscient ne représentent que quelques secondes dans la vraie vie. Cobb a ainsi le pouvoir de créer un échappatoire à sa réalité pleine de remords et de culpabilité. Mais ce n’est qu’une illusion. C’est en se pensant omnipotent que, comme Prométhée, le héros va se retrouver écrasé par ce qu’il fuie. Par ailleurs, la bande-son de Hans Zimmer renforce cet aspect tragique, en apportant prestance et grandiose au film. 

Mais les réflexions sur la notion d’illusion vont plus loin. Le film nous interroge sur les dangers du rêve. Comme nous le dit Cobb : «  les rêves font vrai tant qu’on est dedans. ». Alors comment être certain que nous ne rêvons pas ? Et si la réalité présentée n’était en fait qu’un rêve apparaissant comme réel aux yeux de Cobb et du spectateur ? Le rêve est-il préférable à la réalité ? Au spectateur de juger quelle(s) piste(s) il souhaite emprunter…. 

 

Réalité

Coup de cœur de Gaspard Martin-Lavigne

Mon film de la décennie est Réalité de Quentin Dupieux, sorti en 2014. C’est le sixième long-métrage de Quentin Dupieux, et le meilleur à mon sens, car il condense tout son humour et son génie en une heure et demie d’absurde. Avec en tête d’affiche Alain Chabat, Jonathan Lambert et Elodie Bouchez, Dupieux fait le choix de prendre des acteurs de qualité pour captiver efficacement le spectateur malgré l’invraisemblance de ce qui se passe à l’écran.

Au niveau de l’intrigue, Réalité suit le parcours d’un réalisateur qui cherche à émettre le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma afin que son film soit produit. Lors de ses pérégrinations, il fera la rencontre d’une pléthore de personnages tous aussi loufoques que lui, de l’acteur fou à la petite fille visionnaire (la fameuse Réalité), personnages dont on suivra également le parcours à intervalles réguliers. Les dialogues et les personnages respirent le n’importe quoi, et contribuent autant à divertir le spectateur qu’à lui retourner le cerveau d’une manière plutôt agréable (aussi étonnamment que cela puisse paraître). Les différentes situations sont perturbantes pour beaucoup, mais cela n’empêche pas le film d’être touchant et de faire réfléchir, notamment sur le cinéma en lui-même et en particulier la création d’un film. Soyez prêts à entrer en abyme comme jamais auparavant !

Enfin, on a affaire à un film magnifique visuellement parlant, dans lequel Dupieux se fait plaisir avec des plans larges qui révèlent les vastes étendues de Los Angeles dans un univers lumineux et agréable à l’œil. Il réussit également mettre en scène de très beaux plans qui renforcent le côté onirique de Réalité, à l’image de l’affiche du film. Quant à la musique, on se retrouve enfermé dans une boucle qui consiste en les cinq premières minutes de Music With Changing Parts de Philip Glass, qui accentue la spirale labyrinthique que suit l’intrigue du film.

Excellent représentant du film absurde du 21ème siècle, Réalité est peut-être le deuxième film de ce genre à voir après Le Charme discret de la bourgeoisie. Que vous soyez simplement curieux.se ou cinéphile, vous ne serez pas déçu.e.

 

Boyhood

Coup de coeur de Sophie Pinier

Le temps d’une adolescence,

En 2001, commence le récit fou d’une adolescence. Boyhood, c’est le défis d’un réalisateur, Richard Linklater, de filmer pendant 12 ans les même acteurs et d’en faire une fresque sur l’adolescence, la famille, la vie. Paris osé, défis relevé. De ses 6 à ses 18 ans, on dépeint le destin de Mason (Ellar Coltrane) et de sa famille, sur fond de l’évolution du monde, de l’Amérique et des nouvelles technologies. Regarder Boyhood c’est s’embarquer dans 2h46 de la vie quotidienne de cette famille Texane, sans pathos hollywoodien et sans volonté autre que de montrer l’évolution de ses personnages et en meme temps, d’une société toute entière. 

Alors qu’à premier abord, on s’aventure à le regarder par pur défis cinématographique, on devient vite dépendant de la suite de leurs péripéties. Aux antipodes d’une télé-réalité, cette fiction au budget et à l’ambition moindre nous fait vibrer au meme rythme que le jeune garçon découvre la vie. L’intensité émotionnelle, dépourvue de tout sur-jeu ou exagération, nous plonge avec une certaine pudeur dans sa vie étudiante, familiale et sentimentale. Alors que certaines scènes peuvent paraître banales ou redondantes, comme les ruptures successives de la mère (Patricia Arquette), d’autres, telles que les conversations entre Mason et son père, arrivent à nous fasciner au delà de leur banalité. Cette vacuité, souvent pointée du doigt par la critique, peut se révélée peut être comme une incompréhension du projet du film dont c’est la simplicité qu’effleure Linklater qui en fait tout son charme et son authenticité. Au delà de nous montrer le parcours d’une famille sur une décennie, c’est également un film d’époque, en temps réel. De l’élection d’Obama à l’apparition de l’IPod, en passant par la guerre en Irak, les personnages et les événements flirtent avec l’actualité américaine et mondiale, qui encrent l’oeuvre dans son temps.

Le temps passe, le film évolue, mais toujours avec la même ligne directrice. On se rend à peine compte que le projet s’est étalé sur 12 ans. La subtilité avec laquelle le réalisateur jongle avec les années sans jamais les indiquer, nous fait apprécier le film d’autant plus qu’on remarque peu que celles-ci passent. C’est en cela je pense, qu’on constate que le paris est réussi.

IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR LE TOP 2019

IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR LE TOP 2019

L’ACD te présente son Top des films sortis au cinéma en 2019 -il a effectivement mis un peu de temps à sortir, on a préféré bien réfléchir à la question avant de le partager!-

1 – Parasite, Bong Joon Ho

On ne le présente plus. En tête de ce classement, celui qui a reçu l’immense privilège de recevoir la Palme d’Or au Festival de Cannes. Et quelle Palme d’or méritée. Parasite est un film coréen réalisé  par Bong Joon Ho qui l’a co-scénarisé avec Han Jin Wan. Après Okja qui nous faisait réfléchir sur notre consommation de viande, le réalisateur revient en force en s’attaquant aux inégalités économiques et sociales coréennes qui se reflètent parfaitement dans le paysage international. 

Avant tout, il relate l’histoire d’une famille désoeuvrée obtenant son gagne-pain par des challenges internet et quelques escroqueries, jusqu’au beau jour où le fils aîné se voit proposer un travail de tuteur pour une jeune lycéenne issue d’une famille aisée. Au sein de cette famille bourgeoise, Ki-taek voit l’opportunité d’offrir un travail à chaque membre de sa famille pour qu’ils puissent enfin correctement vivre. Ainsi commence mensonges, manipulations, coups de théâtre envers ce foyer bien loti, baignant décidément dans la naïveté.

Dès lors que le but des protagonistes est atteint, Parasite prend une tournure beaucoup plus sombre et nous met en face d’autres infiltrés plus discrets jusqu’alors. La rivalité s’installe et les deux camps usent de leurs pouvoirs pour garder leur place dans la maison, sous la critique et le dédain des plus hauts placés. Le film conduit peu à peu à un achèvement tragique et sanglant, où personne ne saura être épargné. 

Mêlant avec finesse le genre de la comédie et du thriller, l’oeuvre cinématographique est un vrai bouleversement émotionnel. Les show don’t tell sont puissants et sublimement filmés: on pense à la scène de la tempête où les protagonistes retournent dans leur misère pensant alors avoir tout gagné, c’est la condamnation sociale.

A insi, ce film charme par son esthétique doté de plans subtilement choisis et de décors très réussis. On pense particulièrement à celui du lieu de vie des protagonistes principaux, ce bidonville souterrain et bordélique à proximité des égouts. 

Enfin, les sonorités de la langue coréenne sont toujours un plaisir pour nos sens. 

2 – Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma

Article disponible sur notre site.

http://cinemadauphine.fr/portrait-de-la-jeune-fille-en-feu-poetique-et-politique-le-parfait-equilibre-trouve-par-celine-sciamma/

3 – La favorite, Yórgos Lánthimos

Début du XVIIIème siècle : la reine Anne d’Angleterre, entre sautes d’humeur et crises de goutte, suit d’un œil distant la guerre entre son pays et la France. Elle laisse son amie – et amante secrète – la duchesse de Marlborough prendre en main les questions politiques, pour pouvoir jouer avec ses 17 lapins, représentant autant de ses enfants perdus. Abigail Hill, jeune fille du peuple après le déshonneur de sa famille, vient travailler au palais, et va peu à peu s’attirer les faveurs (affectives et sexuelles) de la reine. C’est le début d’une rivalité explosive entre Sarah et Abigail, caractérisée par des jeux de séduction, de soif de pouvoir et de perfidies furtives. 

Yorgos Lánthimos ne raconte pas l’histoire d’une reine ; il raconte le désespoir d’une femme qui se voit vieillir, mourir, dans une solitude toujours grandissante. Bien qu’elle soit sur le papier la femme la plus puissante d’Angleterre, Anne se sent impuissante, et sa tyrannie ressemble davantage à des caprices d’enfant qu’à une avidité de domination. Cette avidité n’est cependant pas en reste ; elle est parfaitement incarnée par les deux amantes. Personnages détestables, égoïstes, opportunistes, prêtes à tout pour un geste d’amour royal – principalement pour ce qu’il est synonyme d’ascension sociale – , elles dégagent pour autant une énergie impressionnante, et confèrent au film un rythme renversant. 

Lassée des films historiques racontant les décrets tamponnés, les phrases marquantes de grandes personnalités et le respect mêlé de terreur devant Sa Majesté, je fus conquise par « La Favorite », plaçant sous les projecteurs les coups bas des courtisanes et les afflictions d’une reine vulnérable. Le réalisateur montre des corps meurtris, boursouflés, salis par la boue et le sang. La réjouissance de ce film réside donc dans les déficiences physiques et morales de ses personnages, et dans cette volonté de faire basculer une grande affaire publique (la guerre) derrière des petites affaires privées. 

4 – Douleur et Gloire, Pedro Almodóvar

Dans Douleur et Gloire de Pedro Almodóvar, un spectateur averti retrouvera aisément les thèmes qui sont le plus chers à ce réalisateur espagnol que l’on ne présente plus : la nostalgie de l’enfance, le désir, le rapport à la mère, à la création, les retrouvailles bouleversantes, tout cela embelli par des couleurs chatoyantes et des dialogues d’une justesse remarquable. Salvador Mallo, réalisateur à succès vieillissant, se retrouve à soixante ans confronté à ses peurs et doutes les plus profonds : enfermé dans un corps valétudinaire, abîmé par des années de vie tumultueuses, il se retrouve incapable de réaliser de nouveaux films et s’enfonce peu à peu dans la consommation d’héroïne. Cette isolation, perturbée par l’irruption d’un ancien ami et d’un ex-amant, est l’occasion pour lui de réaliser son introspection, de faire le bilan d’une existence extraordinaire. 

Alors que le cinéaste se remémore son enfance dans un petit village espagnol, couvé par une mère omniprésente, son premier émoi fulgurant pour un beau jeune homme, les chaotiques années soixante, les mortifères années quatre-vingt et les amours qui ont traversé les âges, c’est avant tout le portrait d’Almodóvar qui se dessine. Car Salvador, de par son physique (endossé par un Antonio Banderas que l’on a rarement vu aussi touchant) et son histoire, incarne le double d’Almodóvar et permet à celui-ci de livrer, à soixante-dix ans, son film le plus intime et le plus sincère. Douleur et Gloire n’est pas une œuvre moribonde sur le déclin et la vieillesse mais l’histoire de corps et de cœurs qui se cherchent, se retrouvent, se fuient et qui continueront à palpiter pourvu qu’il y ait de la vie.

5 – Joker, Todd Phillips

Montré plus d’une dizaine de fois à l’écran, le Némésis du Batman revenait à l’écran 2019 avec Joker de Todd Phillips mais sous un autre jour : ici, il n’est pas question de parler de bain d’acide. 

Le réalisateur de Very Bad Trip, plutôt habitué aux comédies, propose de s’intéresser aux origines de l’homme au sourire diabolique. L’histoire se déroule à Gotham City. On y retrouve Arthur Fleck qui, afin de survire et de s’occuper de sa mère, se produit dans la rue déguisé en clown. Pourtant, à l’instar de son idole Murray Franklin, il rêve de devenir le roi du stand-up. Méprisé par la société, il va peu à peu sombrer dans une folie meurtrière pour devenir celui que nous connaissons tous : le Joker. 

Loin des batailles cosmiques, des déferlantes d’effets spéciaux ou de capes virevoltant dans le vent, le réalisateur propose une nouvelle interprétation du mythe de l’antagoniste du Batman : l’histoire d’un être humain, à la fois touchant et terrifiant, incompris par la société. Et entre rire machiavélique et pas de danse improvisés, Joaquin Phoenix parvient à donner toute sa profondeur au Joker. Il n’hésitera pas à perdre 23,6 kilos en quelques semaines et à tester toutes sortes de drogues pour nous offrir cette interprétation à couper le souffle. Plus qu’à attendre les résultats ce dimanche de la cérémonie des Oscars, pour savoir si Joaquin Phoenix remportera le prix du meilleur acteur à la 92ème cérémonie des Oscars. 

Le Joker est sans aucun doute un film politique, inscrit dans notre réalité.  Entre agressions gratuites dans les rames d’un métro et absence de soins en raison de coupes budgétaires, nul doute qu’Arthur Fleck fait part des laissés-pour-compte. Il est le symbole de ceux qui ne connaissaient que misère et violence, de ceux pour qui « le rêve américain » n’est qu’illusion. Le film nous livre ainsi un propos fort : le monde est indifférent à la violence. On ne s’intéressera à Arthur Fleck seulement dans le but de l’humilier en direct. 

Joker est tout simplement le miroir de notre réalité : celle d’une société malade dont la violence se nourrit des inégalités. Il n’y a qu’à voir le nombre croissant de tueries et de massacres rien qu’aux Etats-Unis. La question que soulève le film ne devrait pas être « cette oeuvre est-elle une célébration du meurtre ? » mais plutôt « Et si un jour les laissés-pour-compte décidaient de se soulever et de se rebeller ? ». ici, c’est l’incapacité des hommes à tendre la main aux plus miséreux qui pousse le Joker à commettre des tueries de masse. L’oeuvre est un message d’alarme qui nous pousse à ouvrir les yeux. Plus que cela, c’est un manifeste pour fonder une nouvelle société qui ne perpétuera plus la violence. 

6 – Les Misérables, Ladj Ly

Sorti dans un contexte pour le moins particulier, alors que les violences policières sont dénoncées par une frange de plus en plus importante de la population, Les Misérables de Ladj Ly ne pouvait que susciter l’attention et, a fortiori, un certain respect. Nombreux furent les spectateurs à s’émouvoir du quotidien de la banlieue parisienne, dont Emmanuel Macron lui-même qui se fendra d’une promesse d’améliorer la situation. Mais qu’est ce qui est réellement montré, dans ces Misérables ? En même temps que Stéphane, nouveau baqueux fraîchement débarqué de Cherbourg, nous découvrons la journée type d’un membre de la BAC de Montfermeil : rendez-vous avec la commissaire, patrouilles en voiture, discussions avec les habitants du quartier… Mais se révèlent peu à peu les abus, les violences physiques et verbales dont fait preuve Chris, vétéran de la BAC, à peine tempérés par Gwada, son compère. 

Le ton est au départ déroutant, entre humour grinçant et portrait cru de l’animosité ambiante, et le basculement opère réellement lorsqu’un conflit entre gitans propriétaires d’un cirque itinérant et jeunes de la cité éclate après le vol d’un lionceau par Issa, un garçon un peu trop téméraire. La situation dégénère pour de bon quand Gwada tire à bout portant au LBD sur Issa et que les trois baqueux se rendent compte que la scène a été filmée par le drone d’un adolescent. C’est par cette quête du drone aux allures d’escalade de la violence que Ladj Ly met en scène la brutalité de la cité, la rivalité entre baqueux et banlieusards, entre clans, mais aussi la solidarité, les motivations et espoirs de ces marginaux laissés pour compte, ce Lumpenproletariat que l’on préfère oublier. 

Si le titre fait clairement écho au chef d’oeuvre de Victor Hugo, le réalisateur ne décalque pas simplement le récit mais le transpose pour en faire une fable terriblement actuelle car le Montfermeil de Victor Hugo ressemble sensiblement au Montfermeil de Ladj Ly : Issa dans les escaliers crasseux des HLM, c’est Gavroche sur les barricades ; la finalité, c’est le Grand Soir dont rêvent les révolutionnaires d’hier et d’aujourd’hui. 

7 – Once Upon a Time… in Hollywood, Q. Tarantino

 

Ce top ne serait pas complet sans Once Upon A Time… in Hollywood, peut-être l’avant dernier film de Quentin Tarantino sorti en août 2019, qui retrace la fin de parcours d’un acteur et sa doublure dans le monde du cinéma hollywoodien à la fin des années 60. Odyssée désabusée au sein d’une Amérique bariolée où l’on côtoie stars du cinéma aussi bien que hippies drogués, on y retrouve toujours (et avec grand plaisir !) des musiques tonitruantes et des couleurs vives, qui viennent contraster avec un sentiment de mélancolie dont tout le film est emprunt. Malgré ces quelques marques de fabrique tarantinesques, il faut reconnaître qu’il tranche avec ce qu’on avait l’habitude de voir, en mettant moins l’accent sur les dialogues que sur les actes, avec des scènes magnifiques qui mettent en avant le jeu d’acteur du duo talentueux composé de Leonardo Dicaprio et Brad Pitt. 

Once Upon A Time… in Hollywood est un film qui s’inscrit dans une époque charnière, l’année 69, et revisite les événements qui y ont lieu, tout en rendant compte de la nostalgie des anciens face au Nouvel Hollywood émergent, un monde auquel ils n’appartiennent plus. Heureusement, de tous les acteurs qu’on a à l’écran, tous semblent s’être bonifiés avec l’âge, et on ne voit pas le temps passer pendant ces deux heures et quelques aux côtés des personnages principaux, d’une nonchalance qui frise le comique. En conclusion, même si Once Upon A Time in Hollywood n’est peut-être pas le film que tous les fans de Tarantino attendaient, il reste un excellent film devant lequel vous passerez assurément un très bon moment, alors aucune excuse pour ne pas aller le voir !

8 – Mid 90’s , première réalisation de Jonah Hill

Sincère et juste dans le fond, habile et pertinent dans la forme

« C’est essentiellement un film sur le règne animal : un petit se pointe et apprend à survivre et à se construire au milieu de la meute », explique le cinéaste.

Ce petit, c’est Stevie, jeune adolescent de 13 ans qui fuit une vie difficile à la maison, incompris par sa mère et brutalisé par son frère. Il trouve refuge auprès d’une bande de skateurs qu’il admire et dont il intégrera les codes. Le jeune garçon n’esquive alors aucun rite de passage testant ses limites comme dans tout coming of age movie. Partant d’un scénario assez peu original, le film réussit pourtant à nous embarquer et prend sa place parmi les classiques du genre, car il ne trouve pas son originalité dans ce qu’il raconte, mais de la façon dont il le fait.

Jonah Hill réussit notamment à retranscrire avec justesse le Los Angeles des années 90. Tout dans les décors, les vêtements, les expressions nous ramène à cette époque et nous rend nostalgique qu’on l’ait vécu ou non. Des draps « Ninja Turtles ». Un T-Shirt « Street Fighter ». Et c’est là la magie du film qui peut toucher chaque personne qui se laisse embarquer par ce voyage temporel. On se rappelle d’une scène où Stevie s’introduit dans la chambre de son grand frère et s’émerveille – en même temps que nous – devant tous ces objets de l’apparat 90’s : les posters, VHS, CD, casquettes et baskets. Mais le film ne parle pas seulement d’une jeunesse dans les années 90, il semble lui-même être tout droit sorti de ces années avec sa réalisation particulière, son format 4:3 et son grain d’image. La sélection des musiques utilisées est parfaite et toujours placée au bon moment. Certaines scènes sont très belles (l’arrivée de la police dans un parc de skate, la scène finale, …) et le tout est très bien filmé sans jamais se transformer en exercice de style prétentieux, propre à certains premiers films.. 

Du côté des personnages, je me suis attachée rapidement à Stevie bien sûr et à la bande de skateurs (Ray, Fourth Grade, Fuckshit…) dont se dégage une authenticité humaine, portée par des acteurs non-professionnels (à la manière de Larry Clark) qui nous touchent par leur talent et leur vécu. 90’s parle aussi au travers de discussions plus que d’images, de ces adolescents qui connaissent une vie familiale très dure, dans des quartiers qui ne les font pas rêver d’avenir, mais sans jamais exacerber la violence. On n’entrera que dans l’intimité de la maison de Stevie, ce qui pourrait être reproché alors que c’est là la force du film. Il évite la provocation facile et le misérabilisme tentant pour se concentrer sur son objectif.  Je trouve finalement que le ton reste léger (malgré une scène semblable à celle de Tate dans Ken Park) rythmé par les blagues et les sessions de skates. La seule violence montrée est celle subie sans répit par Stevie qui ne cesse de tomber, de se blesser, de recevoir des coups car oui, grandir, c’est ça aussi. Encaisser et se relever. Et la beauté du film tient précisément dans cette vulnérabilité des personnages qui testent, subissent les conséquences de leurs actes, mais n’en deviennent pas pour autant plus responsables parce qu’après tout, ils ont encore du chemin…

En guise de première réalisation, Jonah Hill livre donc une oeuvre délicate, toujours juste et baignée de la lumière d’une époque qui lui parle.

9 – Marriage Story, Noah Baumbach

Avec ses dialogues prodigieux et sa justesse, Marriage Story fait le récit d’un divorce douloureux qui se heurte à de nombreux obstacles et emprisonne le couple au lieu de le libérer. Loin d’être un remake de Kramer contre Kramer de Robert Benton, bien que l’on y retrouve le thème de l’enfant comme sujet central, la poésie du film nous fait voyager entre New York et Los Angeles et entre théâtre et réalité. Alors que les deux protagonistes interprétés à merveille par Scarlett Johansson et Adam Driver souhaiteraient trouver un accord pour leur divorce, deux avocats sans limite vont prendre part au jeu, incarnés par Laura Dern et Ray Liotta. Vont contraster avec leurs discours réciproques la sensibilité et la délicatesse qui se dégagent du film, ainsi que l’attention que le couple se porte malgré son désir de ne plus vivre ensemble. 

Alors, Baumbach joue avec les forces du coeur et celles des contraintes que divorcer implique : le gaspillage d’argent dans la consultation d’avocats, la difficulté de se répartir la charge de l’enfant, l’équilibre entre non-dits et confidences, et celui entre la tendresse que l’on a envers l’être longtemps aimé et le désir de liberté. La longueur et les changements de rythmes font sens, et illustrent les émotions parfois vives et parfois douces ressenties au fur et à mesure que le divorce avance.

Marriage Story est plutôt l’histoire d’un deuil, celui de l’amour vaincu par le poids des années, qui laissera cependant demeurer des souvenirs doux écrits sur des bouts de papier.

10 – Vice, Adam McKay

Sur le papier, il est vrai qu’un biopic consacré à Dick Cheney, vice-président sous l’administration Bush entre 2000 et 2008 ne faisait pas rêver. Et pourtant, le long-métrage d’Adam McKay, qui a notamment réalisé The Big Short, nous offre, derrière une touche d’humour, une vision cinglante et caustique de l’administration américaine, alimentée par le sang et l’argent. 

Vice retrace le parcours d’un homme qui, comprenant que le vrai pouvoir réside dans l’ombre, va devenir l’homme le plus puissance du pays quand le patron de la maison blanche est absent.

Dès l’intitulé du film, « vice », le spectateur comprend tout de suite la double lecture sans équivoque que nous propose l’oeuvre. Plus qu’une simple explication des rouages de la bureaucratie américaine, le film nous montre les vices de ce dernier. Entre justifications de la torture, déclarations mensongères sur la présence d’armes de destruction massive et Irak et séances de golf, le film enchaîne les allers-retours entre l’homme de pouvoir et le jeune homme originaire du Wyoming, qui se fera expulser de l’université de Yale. Dans une narration survoltée, les flash-back, voix off et faux génériques ponctuent le récit pour briser le dernier mur et s’adresser aux lecteurs…qui ne manqueront pas de remarquer les nombreux parallèles entre le passé et l’administration américaine actuelle. 

Ainsi, l’image du vice-président de second plan disparaît peu à peu derrière celle d’un homme symbole des vices du monde politique. On retient surtout la performance de Christian Bale, méconnaissable avec plus de 20 kilos pris et sous des couches de maquillage. L’ex-interprète de Batman nous offre une prestation pleine de sincérité en incarnant l’essence de D.Cheney : caustique, avide de pouvoir et faussement terne. Un homme, presque fantôme, qui a construit sa carrière en puisant dans les faiblesses des autres, sans scrupules, mais avec patience.

Top 10 des (vrais) bons films à voir pour Noël

Top 10 des (vrais) bons films à voir pour Noël

            Qui n’a pas succombé aux petits téléfilms de Noël qui passent sur toutes les chaînes dès le début de décembre ? Une bonne couette, un bon chocolat chaud et quoi de mieux qu’un film qui parle de neige, de famille et d’amour et dont on connait déjà la fin ? Même si ce n’est pas du grand art, ils apportent, par ce grand froid, un peu de « magie » dans nos vies. Alors pour perdre son temps, mais pas trop non plus, voici le top 10 des (vrais) bons films à voir et revoir en cette saison. Vous n’êtes pas trop téléfilm à l’eau de rose ? Heureusement, Noël c’est pour tout le monde et quand on cherche bien, il y en a pour tous les goûts !

 

1) Maman, j’ai raté l’avion de Chris Colombus (1990), Comédie, aventure

Est-ce encore utile de la présenter ? Cette comédie incontournable de Noël est déjà une tradition annuelle pour plus d’une famille. Si vous voulez rire et vous replonger en enfance, c’est le film pour vous ! On y suit les aventures du petit Kevin oublié par sa famille partie en vacance à Paris, à l’approche de Noël. Seul chez lui, passée la stupeur, il goûte au plaisir de la liberté et des bêtises. Mais ce sera surtout le moment pour lui de défendre la maison face à des cambrioleurs aguerris. Heureusement, le petit a plus d’un tour dans son sac. Alors qui l’emportera ?

 

 

2) 8 Femmes de François Ozon (2002), Policier

8 femmes, 1 meurtre. Pour ceux qui ne sont pas friands de romance, voilà un policier qui vous fera passer une bonne soirée. Dans les années cinquante, l’effervescence gagne une grande demeure bourgeoise pour Noël. Mais un drame se produit : le maître de maison est retrouvée assassinée. Vous l’aurez deviné, la responsable se cache parmi huit femmes que fréquentait régulièrement la victime. Commence alors une longue journée d’enquête, faite de disputes, de trahisons et de révélations. Réussirez-vous à trouver la coupable ?

 

 

3) Harry Potter de Chris Columbus, Fantastique, aventure

Avez-vous dit magie ? Il ne neige pas et l’ambiance n’est pas toujours festive mais tout prétexte est bon pour se remettre devant Harry Potter ! On vous conseille cependant les premiers de la saga car les 8 derniers sont un peu sombres pour les fêtes. Et n’oubliez pas, c’est LeviOsa, pas Leviosaaaa.

 

 

4) La vie est belle de Frank Capra (1946), Drame, fantastique

La magie est aussi présente dans ce classique du cinéma américain et sera votre remède au spleen de décembre. Le soir de Noël, désespéré après avoir perdu une grosse somme d’argent le condamnant à la faillite, un homme tente de se suicider. C’est alors que le Ciel dépêche à ses côtés un ange de seconde classe, qui pour gagner ses ailes devra l’aider à sortir de cette mauvaise passe…Un film plein d’esprit et de chaleur humaine qui, si vous vous laissez bercer, vous submergera d’émotions.

 

 

5) Le Miracle sur la 34ème rue de George Seaton (1947), Comédie, drame, famille

Bienvenue sur la 34ème rue ! On reste dans les bons vieux classiques avec ce film de George Seaton. Doris Walker, employé de la chaîne de magasins Macy, cherche désespérément quelqu’un pour jouer le rôle du Père Noël afin d’animer sa boutique pendant les fêtes. Il embauche finalement Kris Kringle, un homme à la barbe blanche généreuse, qui prétend être le vrai Père Noël. Pris pour un fou, Kris se rend au tribunal afin de prouver publiquement son identité. Mais il souhaite surtout convaincre la petite fille de son employeur de croire en lui. Et vous, croyez-vous encore au Père Noël ?

 

 

6) Tokyo Godfathers de Satoshi Kon (2003), Animation, aventure

Et pour les amoureux de l’animation et de Noël, ce petit bijou enchantera votre soirée. Imaginez à Tokyo, pendant les fêtes de Noël, trois amis : Gin, un ronchon aux tendances alcooliques, Hana, une ancienne drag queen, et Miyuki, une jeune fille qui a fugué de chez elle. En cherchant dans les poubelles, ils trouvent quelque chose pour le moins inhabituel : un bébé. Déterminés à retrouver les parents de l’enfant et à leur demander les raisons de son abandon, ils partent alors à leur recherche. Tristesse, rire, stupéfaction, bonheur… Tokyo Godfathers réchauffe les cœurs pour ces fêtes de fin d’année. Appréciable autant par ceux qui cherchent un « film de Noël » à regarder en famille que par ceux qui veulent y chercher une signification plus profonde !

 

 

7) Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin (2008), Comédie dramatique

Un rendez-vous familial chaotique et brillant qui vous apportera un vent de fraîcheur après les téléfilms de Noël. Entre drame et comédie, préparez-vous à voir cette famille se déchirer et dévoiler tous ses secrets. Porté par de très bons acteurs, on ne peut que se laisser tenter ! Et si au repas de Noël vous en avez marre de votre famille, un passage chez celle concoctée par Desplechin vous vaccinera direct.

 

 

8) Love Actually de Richard Curtis (2003), Romance, comédie

Oui, on sait qu’il n’est pas au goût de tous. Mais nul ne peut nier que des années plus tard, cette comédie romantique reste un classique dans le genre de la romance pour Noël. Seul ou entre amis, la tête remplie de rêves, on sourit, on rit, on s’évade et adieu la déprime ! C’est bien l’amour sous toutes ses formes qui règne dans ce film et quoi de plus beau que l’amour pour célébrer Noël ? Merry Christmas dear readers !

 

 

9) La princesse de Chicago de Mike Rohl (2018), Romance

Que se passe-t-il quand une pâtissière de Chicago rencontre une future princesse qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau ? Elles décident d’échanger leurs rôles ! Alors oui, c’est cliché et déjà vu mais pour les fans de romance à l’eau de rose qui ne veulent pas quitter Netflix, voici un petit film sympathique sorti récemment sur la plateforme. De quoi se détendre sans prise de tête en revoyant la pétillante Vanessa Hudgens !

 

 

10) Père Noël origines de Jalmari Helander (2011), Horreur

Sans transition, passons de l’amour à l’horreur. On vous l’avait promis, il y en a pour tous les goûts et donc pour ceux qui veulent quelques frissons en hiver. Et si le Père Noël était en fait tout sauf gentil ? Si, depuis tout ce temps, il vivait enfermé dans une montagne finlandaise ? Et si certains provoquaient sa colère ? Je vous laisse le découvrir seul.e.s parce que moi, je vais rapidement me cacher très loin…

 

Bonus : La véritable histoire du petit chaperon rouge (2004), comédie, enquête
Un petit classique revisité pour des fous rires assurés. Ne ratez pas la grand-mère la plus stylé de tous les temps !

 

C’est tout pour ce top, bien sûr personnel, qui ne dresse en aucun cas le portrait objectif des meilleurs films. Et vous, que regardez-vous en décembre ?

Avant que vous ne partiez prendre votre thé, votre télé et que vous vous glissiez sous votre plaid, je vous laisse sur ces paroles tirées de Love Actually :

A chaque fois que je me sens mal en voyant l’état du monde, je pense au terminal des arrivées de l’aéroport d’Heathrow. Il est de plus en plus commun d’entendre que nous vivons dans un monde de haine et de cupidité mais ce n’est pas ce que je vois. Il me semble que l’amour est partout. Souvent, il n’est pas vraiment flamboyant mais il est toujours là – pères et fils, mères et filles, maris et femmes, petits amis, petites copines, vieux amis. J’ai l’impression persistante que l’amour, en fait, est partout autour de nous. »

“If you look for it, I’ve got a sneaky feeling you’ll find that love actually is all around.”

 

Et bonnes fêtes à tous !

 

Alexandra PERINA

TOP 10 DES FILMS DE 2017

TOP 10 DES FILMS DE 2017

L’ACD a sélectionné pour vous les 10 meilleurs films de 2017 ! Ce classement est à l’image de l’année : riche et varié avec différents genres, de la comédie musicale au thriller policier en passant par le film de guerre. Un seul point commun : une bande-son exceptionnelle qui marque les esprits et fait résonner le souvenir du film. (Re)découvrez ces chefs d’oeuvre au rythme de leur musique, si souvent essentielle au 7e art (à lire: [Conférence] Musique & Cinéma).

N°10 : Baby Driver, d’Edgar Wright

Après être (malheureusement) passé inaperçu tout au long de sa carrière, Edgar Wright s’est finalement révélé au public comme un grand réalisateur avec son dernier film Baby driver. Suivez le personnage éponyme dans son voyage pour échapper à une vie criminelle tout en rencontrant Debora, sa zébra complémentaire.

Vous n’êtes toujours pas convaincus? Des performances de qualité comme celles de Jamie Fox et Kevin Spacey (RIP à sa carrière) accompagnées d’une bande son qui parvient à maintenir les spectateurs immergés dans l’ambiance du film me semblent des raisons plus que suffisantes. Baby driver parvient à articuler l’esthétisme et l’humour avec des courses-poursuites qui passeront dans l’histoire pour de véritables scènes cultes.

D.R.

N°9 : Blade Runner 2049, de Denis Villeneuve

Le week-end de sa sortie aux États-Unis, Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve s’est classé à la première place du Box-office américain en récoltant près de 31 millions de dollars de recettes.

Cette suite a rapporté presque autant que le premier Blade Runner de Ridley Scott, sorti en 1982. C’était donc il y a 35 ans. L’accueil en Europe et en France du premier Blade Runner avait été chaleureux. Le film de Ridley Scott avait suscité de nombreux éloges, et l’on a rapidement vanté ses qualités visionnaires, son esthétique soignée, ainsi que les nappes sonores restées célèbres de la bande-son atmosphérique.

Et le second film n’a rien à envier au précédent que ce soit pour la direction artistique, les effets spéciaux, le casting (avec Ryan Gosling dans le rôle de K), ou encore le scénario avec des personnages bien développés, notamment le personnage de K.

Si vous avez aimé le premier film ou si vous aimez tout simplement les bon films de sciences fiction, alors ce film est fait pour vous.

Z.B.

A lire : Blade Runner 2049 : simple réplicant ou réussite dystopique?

N°8 : Dunkirk, de Christopher Nolan

[Attention : ce texte a été écrit par un Nolan’s fanboy.]

Christopher Nolan, à l’instar d’un Denis Villeneuve, est un réalisateur capable de créer un blockbuster conscient, un divertissement grand public de qualité, une expérience cinématographique réelle pour tous les types de spectateurs. Dunkirk, dernière production made in Nolan au budget dérisoire de cent millions de dollars, est un film historique montrant l’opération Dynamo de 1940 où l’armée britannique a dû évacuer les plages de Dunkerque (avec l’aide des Français) sous le feu des Allemands.

Nolan, dans une expérience visuelle intense d’une heure cinquante (c’est peu quand on connaît la filmographie du bonhomme), nous livre une vision bien précise de la bataille de Dunkerque. Gargantuesque travail de montage, le film se déroule sur trois unités de temps et de lieu : les cieux, la mer et enfin et surtout la jetée où patientent pendant trois interminables semaines les soldats anglais. L’attente. L’attente insoutenable. Émotion cruciale pour Nolan qui a confié ne pas vouloir réaliser un film de guerre mais bien un survival ».

Ponctué du tic tac incessant d’une musique composée par Hans Zimmer, le film ne fait pas de cadeau à ses protagonistes piégés sur cette jetée rapidement synonyme d’un long et lent purgatoire.

Quelque peu expérimental (il n’y a presque aucun dialogue), Dunkirk est une expérience organique qui scotche le spectateur à son siège et ne le lâche jamais. On frémit au moindre vrombissement annonciateur du passage des avions allemands, on se crispe au sifflement strident des bombes et on ferme les yeux, comme ces pauvres hommes, véritables cibles de foire, piégés sur cette plage, alors que les obus éclatent autour d’eux.

Nolan réussit donc un puissant long métrage, haletant jusqu’à la suffocation parfois, avec des choix visuels extrêmement forts. Même si le prisme choisi par le réalisateur peut sembler étroit pour décrire l’entière complexité d’une des plus grandes opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale, ce dernier donne en réalité une dimension humaine à la guerre. Nous sommes avec les soldats, sur ce sable français, à regarder vers l’horizon, là où nous attend l’Angleterre (oui ce film est patriotique mais Nolan est plus subtile que moi regardez attentivement la fin).

Enfin bref, allez voir Dunkirk mais prenez garde : ce n’est pas un film de guerre comme les autres.

T.W.

A lire : Dunkerque, la victoire de Nolan? 

N°7 : Good Time, de Joshua et Ben Safdie

Connie et Nick, 2 frères, un braquage raté et voilà que les frères Safdie nous plongent dans un voyage au bout de la nuit haletant entrepris par Connie (Robert Pattinson) pour sauver son frère handicapé de prison.

Le film nous amène à suivre Connie le temps d’une nuit dans sa course effrénée portée par un amour fraternel intense et une envie de contrecarrer son destin. Enchaînement de péripéties aussi dramatiques qu’absurdes, on ne sait plus si l’on doit rire ou pleurer de la situation. Tout va très vite, on est embarqué dans un trip acidulé marqué par l’urgence et la frénésie. Le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer, on est complètement happé par le décor à la fois hypnotique et hallucinogène spécifié par les néons des bas-fonds du Queens, la musique onirique d’Oneothrix Point Never et la performance de Robert Pattinson.

Cette chute à 100 à l’heure se caractérise davantage par l’action mais les nombreux gros plans des personnages nous offrent des pauses d’intensité et d’émotion face à ces losers new-yorkais qui semblent condamner à leur sort puisque finalement cette nuit se referme telle une parenthèse sur une scène similaire à la première comme si tout ceci n’avait été qu’un rêve.

Les frères Safdie nous livrent ici une expérience sensorielle des plus exaltantes et poignantes de l’année.

L.B.

N°6 : Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel

Quoi de plus délicat pour un acteur que d’être privé de son instrument de travail ? Comment transmettre des émotions sans une moitié de visage ? C’est le défi que Nahuel Pérez Biscayart a brillamment relevé dans le nouveau film d’Albert Dupontel. Ce dernier retrace l’histoire de deux vétérans de la Grande Guerre, Maillard et Péricourt (Nahuel Perez). Souffrant des différents maux de l’après guerre, ils montent une escroquerie aux monuments aux morts pour survivre dans ce nouveau monde.

Le plan séquence d’ouverture est remarquable, on suit une scène de guerre des plus réalistes qui se finit par Maillard enseveli face à une tête de cheval. Albert Dupontel fait appel à des mouvements de caméra très complexes et variés, ainsi qu’une coloration digne des films de Jeunet. Il a su ajouter à l’oeuvre de Pierre Lemaitre son humour caustique voire gilliamesque, tout en restant fidèle à l’esprit du livre. Les personnages typés comme l’odieux capitaine Pradelle (Laurent Lafitte) qu’on aime haïr et le redoutable maire (Niels Arestrup) participent au caustique du film.

L’oeuvre originelle est riche et cela se ressent sur la diversité des sujets traités : pauvreté, patriotisme, traumatisme d’après-guerre, décadence des bourgeois. Mais le succès du film revient à l’équilibre entre le comique et le tragique, symbolisé par le jeu de Nahuel Pérez, usant de tous ses sens et d’une multitude de masques très expressifs dignes de la commedia dell’arte.

B.G.

N°5 : La La Land, de Damien Chazelle

Au-delà de la très forte (voire excessive pour certains) communication sur le film, vous avez très sûrement entendu parler de La La Land, le film qui réunit Ryan Gosling et Emma Stone, deux acteurs largement appréciés, dans une comédie musicale.

On aurait pu s’attendre à une comédie musicale classique, avec un scénario tout tracé : la beauté et la force d’une héroïne innocente vont être révélés par l’irruption d’un jeune homme dans sa vie. Or, on se retrouve face à deux personnages qui, oui, chantent et dansent puisque c’est le principe même d’une comédie musicale, mais se trouvent un peu à la dérive face à la difficulté de réalisation de leurs rêves respectifs.

C’est donc une histoire non seulement surprenante, mais qui emporte aussi très facilement le spectateur avec un esthétisme simple et la reprise fréquente des thèmes musicaux, qui sont ma foi fort audibles. Il suffit de se poser confortablement dans son siège et de regarder, il n’y a qu’à absorber les images. La La Land est donc un film simple et joli ; on peut justement le lui reprocher (à lire: La La Land, un film anti-transgressif) mais je pense que je peux le qualifier de film « sympathique » sans trop rencontrer d’opposition.

Parce qu’il a marqué 2017 en déchaînant les critiques, tantôt excellentes, tantôt destructrices, et parce que le regarder est synonyme de bon moment, je le recommanderais (et cela potentiellement avec des mouchoirs pour les plus fragiles d’entre vous).

E.R.

N°4 : Mise à mort du cerf sacré, de Yórgos Lánthimos

Si je ne devais retenir qu’une seule idée du dernier chef d’oeuvre de Yórgos Lánthimos, c’est que nos actions ont toujours des répercussions. Mise à mort du serf sacré est l’histoire d’un homme qui est forcé d’affronter les conséquences de ses fautes préalables.

Il est possible que vous ressentiez du stress, de l’angoisse ou peut-être même de la colère. Ce sont ces sentiments qui font preuve de l’expérience cinématographique à venir. Que ce soient les personnages, extrêmement cyniques et sociopates, ou les dialogues – comme celui du personnage principal qui raconte une expérience sexuelle de son enfance pour inciter son fils à se confier à lui – tout est singulier dans ce film. Le rythme est lent, la musique oppressante et on y parle de manière apathique, presque fiévreuse.

A peine commencé, la première scène nous plonge dans un univers étrange et froissant : un gros plan sur un coeur qui bat sur la table d’opération. On comprendra par la suite que tout le film est à cette image : cru, perturbant et qui se veut une véritable autopsie des pulsions humaines.

D.R.

Retrouvez notre critique cannoise du film ici.

N°3: Moonlight, de Barry Jenkins

Personnellement, si je devais conseiller un film pour cette année 2017 ce serait sans hésitation Moonlight. Bon en même temps il fait consensus, il a quand même remporté l’oscar du meilleur film 2017.

Ce drame américain réalisé par le talentueux et engagé Barry Jenkins retrace sous forme de triptyque l’enfance, l’adolescence et la vie d’adulte de Chiron. Jeune homme afro américain de Miami élevé par sa mère – crack Addict- subissant régulièrement les coups et moqueries de ses camarades d’école. Chiron tait depuis toujours son homosexualité, difficile à assumer dans la violence du milieu hostile dans lequel il évolue.

Jenkings est un réalisateur connu pour son engagement pour la communauté noire, notamment avec son long métrage Dear White People. Avec Moonlight il soulève de nombreux sujets forts, souvent tabous ou même occultés aux Etats-Unis. Il soulève les questions du racisme, de la ségrégation, de l’homosexualité… Ce qui pourrait être un brouhaha d’informations s’avère être un film qui se démarque par sa justesse.

L’esthétisme de cette adaptation d’une pièce de théâtre est tout aussi frappant, depuis la bande originale en passant par les acteurs, jusqu’à l’image. Cette pépite du cinéma indépendant américain ne vous laissera pas indifférent.

C.D.

N°2: The Square, de Ruben Östlund

« C’était super, mais franchement, ça m’étonnerait que ce genre de film puisse avoir la palme d’or ». Phrase acédienne à la sortie de la projection du film pendant le festival de Cannes. Et pourtant… Palme d’or du festival de Cannes 2017 et deuxième au classement annuel de l’ACD, The square s’en prend à tous les paradoxes et absurdités du monde de l’art et même de la société en général. La finesse du réalisateur suédois Ruben Östlund, lui permet de dénoncer avec légèreté cette société hypocrite dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Nous suivons un directeur de musée dans sa vie professionnelle et privée qui doit faire face à de nombreuses crises, révélatrices de certains non-sens de notre monde.

La force du film réside à la fois dans tous ces messages, comme le goût pour le buzz sans limite dans nos sociétés gouvernées par les médias, mais aussi la façon dont ils sont mis en scène, avec cette alliance très juste entre l’environnement léché, le scénario juste et les acteurs remarquables, qui nous offre de magnifiques scènes absurdes, de malaise et d’hilarité totale.

Une des scènes qui illustre le mieux la gêne qui peut nous envahir pendant ce film, est celle dans laquelle un comédien engagé par le musée, pousse aux extrêmes les caractéristiques d’un singe, pour une pseudo animation lors d’un dîner de mécènes du musée. Nous sommes tellement gênés, même sur nos fauteuils que l’on se voit presque attaqué par cette « bête ». Cette scène révèle à la fois les comportements particulièrement étranges dans le monde de l’art, mais elle dénonce aussi les réactions des spectateurs, qui font preuve d’une passivité pathologique et d’un profond égoïsme au sein du groupe.

« Ça parle du politiquement correct, c’est une dictature. Cette dictature est aussi horrifiante que d’autres dictatures. Le réalisateur a montré plusieurs exemples du politiquement correct. C’est extrêmement drôle. » Pedro Almodovar, Président du Jury du festival de Cannes 2017. Pas besoin d’en dire plus pour comprendre la place de ce film au sein de notre classement.

V.D.

A lire: The Square, le rugissement de la Croisette

N°1: 120 battements par minute, de Robin Campillo

Entre le Grand Prix reçu à Cannes et les affiches du film placardées sur tous les murs du métro parisien, difficile de passer à côté de 120 Battements Par Minute en 2017.

C’est au début des années 90’, parmi les vifs dialogues lors des réunions hebdomadaires d’Act Up, que nous plonge Robin Campillo, réalisateur du film. L’histoire relate la vie de ces militants qui se sont battus pour la reconnaissance des droits des malades du sida vivant, parfois survivant, dans une société qui ne leur laisse pas de place.

Le film est rythmé par la performance poignante de Nahuel Pérez Biscayart (que l’on retrouve aussi dans Au Revoir là-haut) et par la bande son signée Arnaud Rebotini qui donne une perspective musicale à l’histoire du film résonnant chez le spectateur bien après sa sortie de la salle.

E.A.

Top 3 des sorties ciné de novembre

Top 3 des sorties ciné de novembre

Carré 35

Eric Caravaca s’est lancé un défi des plus risqués, faire un film sur l’absence : l’absence d’archives, l’absence de souvenirs, et surtout celle de sa soeur morte à l’âge de 3 ans. En partant de presque rien, sinon quelques images tournées une soixantaine d’années plus tôt, il mène l’enquête sur le décès d’une soeur qu’il n’a jamais connue et qu’on évoque à grand-peine dans la famille. Il ne sait quasiment rien d’elle, sinon qu’elle est enterrée dans le carré 35 du cimetière de Casablanca. Mais il pressent qu’il y a quelque chose à découvrir, tout un pan de l’histoire familiale à exhumer et une vérité à retrouver. S’il tient autant à cette vérité, ce n’est pas uniquement par souci d’exactitude, mais surtout par l’expression d’un instinct très fort et inconscient qui lui fait ressentir une tristesse qui n’est pas sienne, et lui est d’autant plus étrange et étrangère qu’elle est passée sous silence par tous les autres membres de la famille. Les traumatismes vécus par les parents laissent-ils une trace à leur descendance? Peut-on hériter de la souffrance ? « Je vis, nous vivons avec un fantôme » dit-il de lui et sa famille sur l’un des rares clichés de son enfance.

Parmi ses démarches d’investigation, il interroge l’entourage de Christine. Il y a en premier lieu sa mère, qui reste toujours évasive et essaie de détourner les questions pour finir par déclarer qu’il est inutile de ressasser le passé. La force de son déni est telle qu’elle finit par y croire, et nous touche par sa lumineuse sincérité. Un rejet qui fait écho à un passage de la Porte des Enfers lu par Eric Caravaca : « Maudite soit-elle, cette pierre que je n’ai pas choisie et qui recouvre désormais mon enfant pour l’éternité. J’embrasse tout cela du regard et je crache par terre. Je ne viendrai plus jamais ici. Je ne déposerai aucune couronne. Je n’arroserai aucune fleur et ne ferai plus jamais aucune prière. Il n’y aura pas de recueillement. Je ne parlerai pas à cette pierre, tête basse, avec l’air résigné des veuves de guerre. Je ne viendrai plus jamais parce qu’il n’y a rien ici. » 

Ici, Eric Caravaca finit par faire évoluer le deuil de la mère, resté bloqué au début à sa phase de déni- et fait parler le silence en trouvant le ton juste. Car ce qui frappe avant tout dans ce documentaire, c’est la justesse avec laquelle il est réalisé. Sans être trop larmoyant ni sentimaliste, ou au contraire trop froid et dur, le film parvient à rendre universelle une histoire personnelle, et nous fait pénétrer dans ce terrain à la fois intime et commun qu’est la mémoire.

Y.B.

Au revoir là-haut

Dupontel vient de vous réconcilier avec le cinéma français.

Si vous êtes fatigués du blockbuster insipide à la sauce barbecue ou bien de la comédie facile à la bière, foncez découvrir Au revoir là-haut d’Albert Dupontel. Le film, adapté du roman éponyme de Pierre Lemaitre, retrace l’histoire burlesque et dramatique d’un artiste mutilé pendant la Grande Guerre montant une escroquerie aux monuments aux morts. Un pitch comme celui-ci suffirait à nous séduire.

Même si le scénario souffre parfois de rares faiblesses et certains personnages auraient mérité un développement plus important (mais là on pinaille comme les charognards de critiques Télérama que nous sommes), vous serez emportés par la maestria de Dupontel. Hyperactif, le metteur en scène éblouit dès l’ouverture avec un plan séquence parfaitement exécuté suivi d’une scène de bataille qui n’aurait pas à rougir devant Dunkirk. Jouant avec aisance et habileté entre les différentes utilisations de la courte focale (on voit l’adepte de Terry Gilliam), virevoltant avec des plans séquences audacieux,

Au revoir là-haut est une oeuvre cinématographique au pied de la lettre : l’image nous parle (et oui moi aussi je me pignole intellectuellement). La caméra capte subtilement tous les enjeux qui entourent les personnages à l’aide d’un jeu de cadres et souligne l’effort de reconstitution des décors et du grain de l’époque. Ajoutez à cela la performance remarquable d’une étoile montante du cinéma français, Nahuel Pérez Biscayart (120 Battements par minute), aux côtés de références sûres (Laurent Lafitte, Mélanie Thierry, Niels Arestrup), et vous obtenez un délicieux film à consommer sans modération (et avec un paquet de mouchoirs même pour les durs à cuir). Au revoir là-haut est une poésie mouvante de couleurs et de cadres, d’émotions et de réflexions…

Bref, c’est un très bon film, allez le mater.

T.W.

Mise à mort du cerf sacré

Si je ne devais retenir qu’une seule idée du dernier chef d’oeuvre de Yórgos Lánthimos, c’est que nos actions ont toujours des répercussions. Mise à mort du serf sacré est l’histoire d’un homme qui est forcé d’affronter les conséquences de ses fautes préalables.

Il est possible que vous ressentiez du stress, de l’angoisse ou peut-être même de la colère. Ce sont ces sentiments qui font preuve de l’expérience cinématographique à venir. Que ce soient les personnages, extrêmement cyniques et sociopates, ou les dialogues – comme celui du personnage principal qui raconte une expérience sexuelle de son enfance pour inciter son fils à se confier à lui – tout est singulier dans ce film. Le rythme est lent, la musique oppressante et on y parle de manière apathique, presque fiévreuse.

A peine commencé, le premier plan nous plonge dans un univers étrange et froissant : un gros plan sur un coeur qui bat sur la table d’opération. On comprendra par la suite que tout le film est à cette image : cru, perturbant et qui se veut une véritable autopsie des pulsions humaines.

D.R.

Retrouvez notre critique cannoise du film ici.

Top des films de 2016

Top des films de 2016

On aura beau dire que “Cannes c’est pour les vieux connards branchés du Cinéma”, cette année le festival nous a surpris, et surtout conquis.

Preuve en est avec ce top 10 des meilleurs films de 2016 que l’ACD vous propose. Parmi ces dix films, pas moins de six faisaient partie de la sélection officielle  et un de la sélection Un certain regard.
Autre fait intéressant qui peut remettre en question l’hégémonie de l’industrie hollywoodienne, seuls trois films du top sont de réalisateurs américains. Coréen, québécois, hollandais, danois, mexicain, espagnol ou allemand; les films que nous avons préférés cette année sont souvent des films qui ont une identité culturelle et une esthétique forte.

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Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°10 : The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu     Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg


Un film de Alejandro González Iñárritu (Birdman, Babel), avec Leonardo DiCaprio et Tom Hardy parmi les acteurs principaux. Ce film, fondé sur une histoire vraie, est non seulement, une remarquable prestation de la part des acteurs, mais aussi un décor et une mise en scène qui offre un spectacle grandiose. Le réalisateur relève tous les défis face à la nature et nous transporte dans ces paysages immenses et magnifiques. Un scénario évidemment original qui appuie cette force de réalisatio
n. La proximité des caméras face aux acteurs, permet aux spectateurs de vivre avec eux, vivre leur respiration, leur maux et même leur sang! Ainsi, et d’autant plus dans un cinéma, ce film nous emporte jusqu’au bout. On peut retrouver le sentiment de solitude, et de marche sans fin que l’on ressent dans Into the Wild , mais aussi cet aspect très cru et violent propre à Tarantino. Si ce film dit de genre « masculin » n’a pas plus à tout le monde, pas besoin d’être un mec pour aimer la baston. Alors si vous ne l’avez pas vu, c’est le moment!

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hunter_spotlight-ConvertImageFlag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°9 : Spotlight, de Tom McCarthy    Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg

Spotlight s’attaque de façon couillue à un sujet tabou et pourtant au coeur de nombreuses polémiques : la pédophilie ecclésiastique catholique. Grand vainqueur du sacro-saint Oscar du meilleur film en 2016 ainsi que celui du meilleur scénario original, le film suit l’enquête des journalistes d’investigation du Boston Globe sur l’abus sexuel dont de nombreux prêtres sont coupables. Inspirés de faits réels, le film est d’utilité publique; et la réalisation et la direction des acteurs sont au service d’une histoire haletante. Un casting fou (Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, Liev Schreiber) pour un film qui regorge de rebondissements et de moments de tension très bien gérés par le réalisateur Tom McCarthy.

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hateful_eightFlag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°8 : Les Huit Salopards, de Quentin Tarantino   Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg

Le huitième film réalisé par Quentin Tarantino, »Les huit salopards », un hasard? Certainement pas. Dès la première minute, la voix de Samuel Jackson, qui interprète le rôle d’un chasseur de primes, nous plonge dans une atmosphère déroutante, perturbante mais prenante. Le spectateur se fait le témoin de ce film à huis clos, dans une forêt américaine, quelques années après la guerre de sécession. L’unique décor est une cabane plantée au milieu de la montagne, sous la neige, glaciale. Coincés par une tempête, les huit truands se voient contraints de cohabiter ensemble, dans une ambiance plus que réchauffée. Toute l’intrigue repose sur un élément majeur: la trahison. Le personnage de Daisy et son complice iront-ils jusqu’à tuer leurs compagnons de galère pour faire évader cette prisonnière meurtrière?

On retrouve deux acteurs emblématiques de « Reservoir Dogs », Tim Roth et Michael Madsen, dont le talent n’est plus à prouver.
Cependant, bien que d’une violence rare,  le film est contrasté par un humour assez féroce. Les acteurs arrivent à nous faire rire et pleurer en cascade pendant presque trois heures, et nous osons rire de la mort qui ici devient presque aussi comique que chez Burton. Car ne l’oublions pas, il est bel et bien question dans ce film de huit personnages dont le seul objectif est de sortir vivant de cette maison, peu importe ce qu’il en coûtera aux autres.

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Flag_of_Germany.svg   N°7 : Toni Erdmann, de Maren Ade   Flag_of_Germany.svg

A travers des scènes surréalistes et parfois même aberrantes, Toni Erdmann, présenté au festival de Cannes de 2016 par Maren Ade, se pose comme une critique sociale amère. Avec un naturalisme tout à fait intransigeant, nous suivons Ines, expatriée allemande à Bucarest pour son travail au sein d’un cabinet d’audit. Lorsque son père vient lui rendre visite, elle ne cache pas son exaspération. S’ensuivent une série de péripéties et scènes toutes plus loufoques les unes que les autres. Ce film dresse ainsi une critique d’un ordre économique mondialisé et sans pitié, mais avant tout le portrait d’une relation père-fille tout à fait spéciale. A travers l’humour et des questionnements sur le bonheur, Maren Ade dépeint une relation qui touche chacun et à laquelle on s’identifie sans problème.

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Julieta

Flag_of_Spain.svg    N°6 : Julieta, de Pedro Almodovar    Flag_of_Spain.svg

 Dernier venu dans la filmographie de Pedro Almodovar (Volver, Talons aiguilles, La piel que habito…), le film éponyme raconte l’histoire de Julieta qui, sur le point de partir au Portugal avec son amant, croise l’amie d’enfance de sa fille qu’elle n’a pas vue depuis des années. Partant de là elle va essayer de la retrouver et décide de lui raconter sa vie par écrit, à partir du moment où elle a rencontré son père, Xoan. Bien moins fou et kitsch que Les amants passagers et moins dérangeant que La piel que habito, Julieta mélange les genres et les histoires avec une maestria propre à son auteur. Les acteurs et surtout actrices, qu’Almodovar met encore une fois remarquablement en valeur,  sont toutes excellentes et touchantes, et l’histoire nous immerge dans la solitude et la mélancolie de l’héroïne. Une gouvernante intransigeante et dévolue à son maître à la Mrs Danvers de Rebecca, un mari volage, un amant délaissé; les péripéties de la jeune Julieta ne font que renforcer la solitude et la morosité de sa vie de femme mûre, qui s’enfouit sous les regrets de n’avoir su garder sa fille.

 Grand oublié de Cannes, dont il faisait pourtant partie de la sélection officielle, Julieta est 1h30 de douceur bercée de guitares espagnoles, qui fait sans aucun doute partie des meilleurs films de 2016.

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Flag_of_France.svg    Capture d’écran 2017-01-22 à 17.46.08    N°5 : Juste la fin du monde, de Xavier Dolan     Capture d’écran 2017-01-22 à 17.46.08   Flag_of_France.svg

Pour les amateurs de drames familiaux, le dernier Xavier Dolan passe très très bien. On connaissait déjà son intérêt pour le lien mère-fils (J’ai tué ma mère en 2009, Mommy en 2014), il s’intéresse maintenant aux silences et incompréhensions qui naissent dans une cellule familiale déchirée, habitée d’un secret (inavouable et même indicible jusqu’à la fin). Le film est largement inspirée du livre éponyme de Jean-Luc Lagarce mais aussi des œuvres d’Edouard Louis (surtout Histoire de la violence) et est porté par des acteurs choisis à la perfection: Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard et Léa Seydoux. Si le film laisse sur sa fin d’une certaine manière (on en veut plus, on veut rester dans ce cocon dont la violence est latente), il rejoint notre top car Dolan confirme son don pour la réalisation; les personnages sont travaillées, profonds et la bande-son iconique.
C’est, en un mot et ceux de Dolan, un film “qui dit beaucoup pour au final taire l’essentiel”.

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Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg   N°4 : Captain Fantastic, de Matt Ross     Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg

Les utopies ne sont pas toujours parfaites.
Captain Fantastic, vainqueur du prix de la mise en scène dans la catégorie Un certain regard à Cannes, raconte l’histoire d’une famille américaine anticapitaliste et hors-système.
Il nous a fait rigoler puis pleurer, puis les deux. De plus, Viggo Mortensen (ou pour ceux qui sont un peu plus geeks : Aragorn) est absolument incroyable. Il illustre l’humanité que nous semblons ne pas attribuer à nos parents tout en nous montrant la beauté de l’amour ( paternel ou pas).
Les paysages qui sont montrés tout au long du film sont magnifiques, chaque cadre pourrait être en effet une peinture à elle seule. La gamme de couleurs est parfaitement complémentaire ce qui a un effet extrêmement apaisant pour les yeux.

Possiblement un des nos films préférés et assurément un des meilleurs films du 2016 qui oui,  a été une année nulle où Bowie est mort et Trump est devenu président mais qui a quand même eu des films excellents. 

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Flag_of_France.svg    N°3 : Elle,  de Paul Verhoeven     Flag_of_France.svg

Violence et Erotisme ! Avec Elle, Paul Verhoeven nous fait basculer dans les entrailles de la décadence et les méandres du désir sexuel profond les plus terribles. Ce n’est pas seulement bizarre, étrange. Le rapport érotique ici est pris sous toutes ses formes et ses dimensions ; ce qui nous donne à explorer un sujet jusqu’à en devenir bouleversant.

Le désir-violence est la matrice du film. Tous les personnages sont touchés par un travers de l’éros, mais ce travers qui fait de son désir une pulsion de violence –subie ou donnée- est surtout la clef de voûte de l’édifice critique de Verhoeven. L’Homme est sa cible : il est juvénile, irraisonné, inconstant et violent.

Face à cela, la très élégante Isabelle Huppert incarne la femme indépendante de notre temps, sans pour autant être émancipée. Certes, sa situation financière, son travail professionnel et son libertarisme dresse cette femme en icône du XXIème siècle. Cependant, Verhoeven n’a pas encore atteint le point de rupture où l’émancipation des femmes est complète, du moins majeure. Les femmes qui entourent Huppert sont naïves, hystériques ou superficielles.

Elle est tout de même un des grands films de cette année, tant sur le plan scénaristique que sur le volet de l’interprétation. Derrière une absurdité déconcertante, Verhoeven nous offre surtout un aperçu de ce que peut vivre une des 9 femmes qui se fait violer toutes les heures en France, inhumanité de chacun et immoralité de tous.

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Capture d’écran 2017-01-22 à 17.34.42   Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg    N°2 : The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn   Flag_of_the_United_States_(Pantone).svg   Capture d’écran 2017-01-22 à 17.34.42

Après l’acclamé Drive et le controversé Only god forgives, Nicolas Winding Refn signe un dernier long-métrage atrocement jouissif. Tout y est : du cannibalisme à la musique psychédélique. On est plongé dans l’univers hyperesthésie du réalisateur qui nous livre sa propre vision de la mode. La beauté y dévoile toute son horreur. La beauté n’est pas seulement le thème du film, elle en est le leitmotiv. La manière de filmer est telle que la pire des horreurs devient supportable à regarder. Bref, un film inédit sur la beauté avec une réalisation unique. A voir de toute urgence.

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                      Flag_of_South_Korea.svg N°1 : Mademoiselle, de Park Chan Wook   Flag_of_South_Korea.svg

Mademoiselle devait apparaître dans ce top 10, et se pose en première place grâce à son caractère complet en termes filmographiques. Ce thriller coréen représente le retour de Park Chan Wook au cinéma, après quatre ans d’absence. Le film est construit en triptyque, dégageant les différents points de vue des personnages : Sookee est une jeune fille engagée en tant que servante auprès d’une riche héritière pour la duper, et atteindre sa fortune. La mise en scène magnifie à la fois les espaces et les corps, à travers notamment des scènes d’un érotisme émouvant. Le parti des femmes est ici pris de manière assez étonnante. Ce film est ainsi troublant, et emporte par la liberté qui est apportée finalement au genre féminin. L’engouement du spectateur naît ainsi d’un scénario juste et précis, illustré par un jeu d’actrices exceptionnel, et un travail de l’image, tantôt brumeuse, tantôt éclatante.

Top 6 des films qui sentent bon la vodka frelatée

Top 6 des films qui sentent bon la vodka frelatée

Le meilleur du cinéma de l’ex-bloc communiste de ces dernières années. Pas sexy sur le papier mais vous serez étonnés. (Les synopsis des films, mentionnés entre guillemets, sont extraits d’Allociné)

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1. Le Cheval de Turin (2011), Bela Tarr

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À voir en doudoune. Dehors, le vent se lève.

La déraison du siècle suivant est déjà là : « Le 3 janvier 1889, dans une rue de Turin, un cocher fouette violemment son cheval indocile. Friedrich Nietzsche, qui sort de chez lui, assiste à la scène. Il se jette brusquement au cou de l’animal, l’enlace pour le protéger, éclate en sanglots, terrassé par une tristesse infinie. Puis rentre chez lui, annonce à sa mère qu’il est devenu fou. Il plonge effectivement dans le retrait, l’aphasie, la vie végétative, et mourra à Weimar en 1900 sans jamais retrouver la raison. »

Au lieu de nous montrer le philosophe sombrer dans la démence, le film suit le quotidien rustique d’un vieil ermite – le cocher ?, sa fille et le cheval – de Turin ? – aux confins de la Hongrie actuelle. Le temps défile sans se presser entre les allers-retours au puits, l’entretien du cheval en grève de la faim (une manière pour lui de porter le deuil de Nietzsche probablement), les repas de patates à la vapeur et les shots de Palinka (une très bonne eau de vie, dérivée du pruneau ou de l’abricot) pour digérer le tout.
Des journées fades réglées « à la virgule près » pour ces âmes mortes qui n’ont plus rien à espérer. Dieu est mort, Nietzsche avait raison.

Les scènes de (dés)habillement au réveil et au coucher, fois deux (le nombre de personnages), multipliées par le nombre de jours (l’intrigue s’étale sur une petite semaine) durent bien cinq minutes chrono chacune (et oui, il fait -20 degrés dans la campagne magyare pendant l’hiver 1900, il faut bien une dizaine de couches de vêtements pour mettre le nez hors de la ferme). Ce qui nous donne un résultat proche des 146 minutes du film.
Malgré cette apparente monotonie, la fascination l’emporte sur l’ennui. Des apparitions saugrenues viennent épicer le récit : un témoin de Jéhovah se pointe à la baraque réciter du Nietzsche au vieux, ou bien des Tziganes demandent l’hospitalité, mais ne récoltent que jets de pierre et quolibets.

Une ambiance mutique de fin du monde drapée de noir et blanc qui nous saisit pendant longtemps.

Hardcore sur le papier. Mais à l’arrivée, le film de l’année 2011.

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2. Leviathan (2014), Andrey Zvyagintsev

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Baptisés à l’eau de morue les mecs. Cette descente, j’aimerai pas la faire à vélo !

Ce film suinte la gnôle à plein nez. L’histoire se déroule dans un hameau sibérien en bordure de l’Océan Arctique. Le héros est un fermier alcoolique exproprié par le maire du coin, corrompu jusqu’à la moelle, « au gosier en pente » lui aussi. Le fermier engage un avocat pour défendre son droit de garder ses terres. Malheur, celui-ci le rend cocu. Et bah bravo, on ne peut vraiment plus faire confiance à personne…

C’est l’occasion d’assister à l’une des scènes finales les plus belles vues depuis longtemps : le fils, averti de la relation adultère de sa mère, découvre dans sa cave ses deux parents en plein exercice sexuel. Il ne supporte plus cette imposture et fuit la maison en pleurs vers les rivages de la Mer de Barents (la ferme donne sur le littoral). Là gît un énorme squelette de baleine : le Leviathan du titre, la bête immonde symbole du mal qui traverse de part en part le film. Un mal qui a pour noms la corruption et la vodka.

Un film qui donne envie de prendre le premier aller simple pour Vladivostok et de se mettre des grosses murges avec des cultivateurs de patates russes.

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3. 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007), Cristian Mungiu

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On dirait une bouteille de Ballantine’s, non ? Du whisky importé d’Occident ! Tout fout le camp.

Non, ce n’est pas la réponse à un problème de suites arithmétiques. Mais le temps décompté comme un prisonnier dans son cachot par une femme enceinte, jusqu’à son avortement sous le manteau dans la Roumanie de Ceausescu. Une femme qui dit non à la loi, la famille et les médecins. Et à Christine Boutin, qui a voulu censurer la sortie du DVD. Un film aride au goût de cornichon qui nous rappelle que la Transylvanie en 1987, c’était pas la foire à la trompette tous les jours.

Palme d’or au Festival de Cannes en 2007, devant des films comme Paranoid Park, No country for old men, La Nuit nous appartient. Et dire que ce n’est pas volé.

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4. Au-delà des collines (2012), de Cristian Mungiu

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La préparation d’une bonne grosse soupe d’hiver. L’oignon, y a que ça de vrai.

« Alina revient d’Allemagne pour y emmener Voichita, la seule personne qu’elle ait jamais aimée et qui l’ait jamais aimée. Mais Voichita a rencontré Dieu et en amour, il est bien difficile d’avoir Dieu comme rival. »

Par le réalisateur de 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Ce bon vieux Cristian retrouve la compétition avec cette histoire d’amour entre deux nonnes dans un couvent roumain. Contre toutes attentes, un film vivant et caustique ponctué de séances d’exorcismes savoureuses (Satan sort du corps d’Alina !).

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5. Aferim ! (2015), Radu Jude

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Les couleurs chaudes d’un bel été indien.

Un père et son fils parcourent à dos de cheval les steppes des Balkans à la recherche d’un esclave Tzigane qui s’est échappé de la maison de son propriétaire, un cruel seigneur de campagne. Le cocktail est fort en bouche : eau de vie jusqu’à plus soif, saillies racistes en veux tu en voilà, des émasculations arbitraires et des bordels à l’hygiène douteuse où les putes qui s’y trémoussent ne sentent pas la rose. C’est la Roumanie du XIXè. Une belle époque. Un temps où quand tu sortais acheter ta baguette le dimanche matin, t’étais heureux d’être toujours en vie pour manger tes tartines au retour. Le Far-West quoi, à la sauce Stroganoff.

On y apprend au moins un truc : le racisme contre les Roms ne date pas d’hier. Ils étaient déjà détesté en 1820 « chez eux » dirait l’autre. En ces temps d’amalgames nauséabonds, un film éclairant sur la bêtise humaine qui ne doit pas seulement être vu par tous les ignares qui confondent Roms et Roumains, mais aussi par les amateurs d’envolées picaresques. Ce Don Quichotte des Carpates confirme l’extraordinaire fertilité du cinéma roumain, qui, en terme de ratio nombre de bons films sur nombre de sorties, décroche la timbale du meilleur cinéma étranger distribué en France ces dernières années.

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6. Barbara (2012), Christian Petzold

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La socquette légère, le regard inquiet. Attention, la Stasi est partout !

« Eté 1980. Barbara est chirurgien-pédiatre dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de province, au milieu de nulle part. Tandis que son amant Jörg, qui vit à l’Ouest, prépare son évasion, Barbara est troublée par l’attention que lui porte André, le médecin-chef de l’hôpital. La confiance professionnelle qu’il lui accorde, ses attentions, son sourire… Est-il amoureux d’elle ? Est-il chargé de l’espionner ? »

Pour conclure ce Top vodka, voilà un synopsis (et un scénario) bien plus romanesque que ceux des titres cités plus hauts. Pas de découpage d’oignon ici, mais une histoire d’amour comme on les aime empêchée par les barbelés du rideau de fer. L’atmosphère grisou-coco Staatssicherheit est adoucie par les beaux yeux bleus tristes de Nina Hoss.

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On se revoit avec un Top Mojito. Ça fera du bien.

Francis H.