L’île aux chiens, un récit politique beau et horrible

L’île aux chiens, un récit politique beau et horrible

« L’île aux chiens », film de Wes Anderson, est le film qui a fait l’unanimité au sein de l’association avec plus de 12 votes.  Il mérite donc amplement sa place dans le top 10 de l’année 2018. Mais pourquoi a-t-il autant plu ? Comment un film d’animation pour adulte, pourtant pas le genre le plus populaire au cinéma, a-t-il autant plu à la critique, comme au public ?

Dans son deuxième film d’animation après « Fantastic Mr Fox », Wes Anderson nous propose un film en stop-motion dans lequel on retrouve de nombreux points communs avec ses films précédents. Les amateurs de Wes Anderson seront ravis. On y retrouve tout ce qui fait son style: des plans très symétriques et magnifiques, des décors soignés, des couleurs propres à l’univers du film, un humour noir qui fait que l’envie de rire côtoie celle de pleurer. Le film se déroule dans un autre monde, mais plusieurs choses nous rappellent le monde réel; les nombreuses références à la culture japonaise, les thèmes évoqués qui vont de la corruption à l’écologie et qui font de ce film, un film politique avant tout.

Un film politique

Ce film se déroule dans un futur dystopique, dans l’archipel Japonaise de Megasaki. Une archipel dirigée par Kobayashi, qui est  à la tête d’un gouvernement autoritaire. Les chiens de cette archipel sont déplacés en masse sur une île déserte, qui est, en fait, une immense déchetterie. La raison ? Une grippe canine qui touche tous les chiens et qui pourrait devenir dangereuse pour les humains. Très vite le sort de ces chiens ne fait plus illusion, ils sont voués à être exterminés par ce gouvernement, qui fait des chiens un danger pour les humains.

Mais le jeune Atari, fils adoptif de Kobayashi, vole un avion et part sur l’île poubelle à la recherche de son chien Spots. Nous allons le suivre dans la recherche de son compagnon, durant laquelle de nombreux rebondissements vont pimenter sa quête. Le film part de cette simple intrigue pour rentrer dans des intrigues politiques bien plus grande. Différents thèmes se croisent ( corruption, ségrégation, écologie ) et nous forcent à réfléchir sur notre propre monde.

Un film dur mais attachant

Par les thèmes choisis, beaucoup de moments assez durs à vivre sont présentés. Rien que la base du film est dur. En effet, il s’agit d’une ségrégation d’un groupe, les chiens,  qui se fait au profit d’un autre groupe, celui des chats. C’est pour cela que ce film d’animation n’est pas un film pour enfants, mais bien un film pour adultes. On peut y rajouter l’assassinat du principal membre de l’opposition, des corps de chien mutilés par la maladie et même la torture (oreille arraché, opération à cœur ouverte ) … Les exemples ne manquent pas…

Mais c’est aussi la situation des chiens sur l’île qui est dure. Il y a une noirceur dans le récit. Wes Anderson décrit les relations entre les chiens de manière brute, sans filtre. Cela rajoute de la dureté, mais participe aussi à rentre attachant ces chiens. On s’attache à eux, à leurs manières de parler. On a envie qu’ils évoluent dans le bon sens. Plus qu’un film politique, c’est aussi un film qui décrit des relations entre des personnes ( les chiens) empathiques, intelligentes et loyales, mais mises à l’écart.

Pour finir, c’est un film qui est beau. Tout simplement. Les images sont très travaillés, il y a une multitude de détails qui font qu’on ne peut même pas tous les voir. Il y a une richesse incroyable dans chaque décor, qui suscite l’admiration devant chacun d’entre eux..

Ajoutez à cela un casting de star avec comme voix françaises Vincent Lindon, Louis Garrel, Romain Duris, Mathieu Amalric, Daniel Auteuil, ou encore Léa Seydoux. Tout cela fait que L’île aux Chiens est un film à voir absolument !

 

Wilhem Vedel

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