« Le grand bain » n’est pas un grand plat

« Le grand bain » n’est pas un grand plat

Avis aux amateurs de comédies franchouillardes : ce film n’est pas fait que pour vous !

Gilles Lellouche nous plonge dans une histoire humaine, où huit hommes plutôt pommés, légèrement en marge de la réalité de la vie, se trouvent entrainés sans vraiment s’en rendre compte dans une course à la médaille d’or : celle des championnats du monde de natation synchronisée. A leurs côtés, deux coachs, elles aussi un peu « à côté de la plaque » : Virginie Efira dans le rôle de la première entraineuse, Delphine, et Leïla Bekhti, interprétant le personnage d’Amanda. Toutes deux formaient auparavant un duo d’enfer, et tenaient la tête d’affiche des compétitions de natation. Mais après un accident, Amanda fini en fauteuil roulant, tandis que Delphine se reconvertie dans la consommation intensive d’alcool. C’est alors la perspective des championnats du monde de Norvège qui donne un dernier élan à ces deux naufragées, et leur souffle l’idée de monter une équipe masculine. Celle-ci se compose de huit professionnels de l’échec, qu’il soit professionnel ou sentimental.

Savoir que l’on va passer plus d’une heure et demie à regarder huit boulets appendre à faire le papillon dans une piscine municipale déprimante de Province ne nous donne pas l’eau à la bouche. Et pourtant, dès le début du film, une atmosphère assez plaisante nous gagne. On pénètre dans un monde tout à fait à part, hors du temps, où tout relève de l’impossible. Chaque minute est une épreuve, non pas pour nous spectateurs, mais pour eux, les personnages, auxquels on prête très vite un attachement particulier.

Ajoutons qu’il ne s’agit pas d’une simple comédie comme je me l’étais imaginé en appuyant sur le bouton play de mon ordinateur, mais bien plus d’un drame sur fond humoristique. Lellouche se sert du rire, ne s’interdit pas de placer quelques blagues bien lourdasses, pour nous faire voir que ce scénario, certes peu probable, reflète la vie, notre vie, celle de chacun d’entre nous. Un accident, un mot de trop, et notre vie bascule. C’est exactement ce qui s’est passé pour les dix personnages principaux du Grand bain. Un incident banal, qui peut arriver à chaque Homme, les fait chavirer. Et c’est uniquement la ténacité, avec un zeste de rire, de clopes et d’alcool, qui leur redonnent confiance. Il nous est donc facile de nous attacher, voire dans une certaine mesure de s’identifier à certains d’entre eux, parce qu’en réalité, ils nous ressemblent. Ou plutôt nous leur ressemblons.

Le maître mot que l’on retient de ce long métrage : confiance en soi.

 

Axel Cheminal

About the Author

Leave a Reply

Optionally add an image (JPEG only)