ÉTÉ CINÉ – 2019 – FILM #5 : Apocalypse Now (1979)

ÉTÉ CINÉ – 2019 – FILM #5 : Apocalypse Now (1979)

Bienvenue dans une folie noire. Apocalyspe Now est un film de Francis Ford Coppola parut en 1979. C’est une critique profonde de la guerre du Vietnam (1963-1975), un film noir et lourd. Un fou, le capitaine Willard interprété par Martin Sheen en recherche un autre, le colonel Kurtz interprété par Marlon Brando. Le premier se voit attribuer une mission secrète : entouré d’un groupe de 4 hommes à bord d’un patrouilleur, il doit remonter un fleuve d’Indochine pour retrouver le colonel Kurtz, un officier américain ayant plongé dans la folie. Ce-dernier n’obéit plus aux ordres et se livre à des pratiques de guerre jugées « malsaines » par les étoilés de l’armée américaine.

Le bruitage joue un rôle particulièrement important dans le film, et entretient cette atmosphère où le poids de la folie se fait constamment sentir. On peut diviser le film en deux parties, en fonction de la sonorité.
Dans la première partie du film, l’itérant bourdonnement des hélicoptères, semblable au bruit de frelons volant en escadrille dans un jardin autrefois paisible, prédomine la bande son. Une scène particulièrement marquante et relativement connue et celle de l’attaque du village d’embouchure du fleuve. Le son roque et répété des machines de guerre volantes s’entremêle à la violente « Chevauchée des Walkyries » de Wagner et au son des mitraillettes et autres instruments de la mort. Puis, le patrouilleur commençant son expédition, l’omniprésent bourdonnement laisse place aux bruits de la jungle et au cri de l’homme.

 

 

Ce-dernier apparait comme déshumanisé à partir de cette entrée dans la jungle. Il ne sait pas pour et contre qui il se bat, si ce n’est contre lui-même, la lutte contre son dérèglement intérieur. L’évolution psychologique des soldats de l’escouade en est la preuve. Si George Philipps, commandant du bateau et ancien de la troupe semble épargné, ce n’est pas le cas des 3 autres jeunes soldats, Lance, Tyrone et Jay dont l’esprit semble rongé par la peur de cette violence froide et de la mort. Ils deviendront alors des prédateurs au service de leur peur pour ne pas être les victimes de cette guerre qu’ils n’ont pas choisie, sur fond de racisme, de pleurs et de meurtres. Le capitaine Willard, personnage principal du film, est lui aussi atteint depuis ses premières missions en Indochine : on le comprend dès les premières minutes. Néanmoins, il semble lucide car sa quête de sens dans la folie du colonel Kurtz le rend moins aliéné que les autres soldats.

Les image à elles-seuls justifient le titre que l’on attribue volontiers au film, d’« un des meilleurs films de tous les temps » selon l’American Film Registry. Images rapides de combat se mêlent aux lents et angoissants dialogues entre les personnages, particulièrement lors de la rencontre entre Willard et Kurtz, sur fond de fumé mystique. Le sens de leurs maigres discussions est implicite, et c’est véritablement par l’expression des personnages que celles-ci deviennent compréhensibles. La parole s’efface et laisse une plus grande place aux expressions faciales, aux regards entre les personnages.

Apocalypse Now est un incontournable du cinéma. C’est un hymne à la raison, à la paix mais aussi une violente claque adressée à l’administration américaine de ces années-là. Il nous invite à réfléchir sur l’acte de guerre en lui-même, sur son irrationalité totale et l’aliénation qu’il engendre.

 

 

Hugo Delorme

 

About the Author

Leave a Reply

Optionally add an image (JPEG only)