Drunk, Thomas Vinterberg (2020)

Drunk, Thomas Vinterberg (2020)

« Je ne bois jamais avant le petit-déjeuner » disait Winston Churchill. Cela pourrait être le leitmotiv du film danois Drunk… Quatre amis, professeurs frustrés dans un lycée, décident d’expérimenter la théorie farfelue d’un psychologue norvégien. Selon lui, les hommes seraient faits pour vivre constamment avec 0,5g d’alcool dans le sang. On suit donc l’ivresse de ces amis au cours de leur expérience « scientifique ».

Si le scénario, quoique déroutant, peut laisser présager une comédie légère, le film est en réalité bien plus profond. La tournure dramatique s’impose au fur et à mesure du film. L’alcoolisme n’en est pas le sujet principal, ce n’est qu’un prétexte narratif pour dérouler un véritable drame social. Les protagonistes se sentent seuls et dépressifs. L’alcool est à la fois un exutoire et un révélateur de leurs échecs et de leurs désillusions. Les recours aux gros plans sont fréquents et particulièrement efficaces pour exprimer leur désarroi.

Désillusionnés, les quatre compagnons trouvent refuge dans l’euphorie éphémère de l’alcool, mais surtout dans le plaisir retrouvé d’être ensemble. Le film progresse ainsi : l’alcoolisme les rassemble, ils ne se sentent plus seuls. Il ne faut pas chercher de morale à ce film qui fait autant l’apologie des vertus de l’alcool qu’il en dénonce ses excès.

Ce film marque les retrouvailles entre Mads Mikkelsen et Thomas Vinterberg, collaboration qui avait permis à l’acteur de remporter le prix d’interprétation à Cannes en 2012 pour son rôle dans La Chasse. Dans ce film, il signe encore une très belle interprétation. Il incarne Martin un professeur d’histoire, qui captive le spectateur avec son visage, sa voix et son jeu de corps.  

L’intrigue est accompagnée d’une B.O variée et entraînante. On y retrouve aussi bien du groove que de la musique classique, du Schubert que de la techno danoise, mais c’est surtout l’ultime morceau, « What a life » qui marque le plus les esprits. Le single pop, du groupe danois Scarlet Pleasure accompagne la scène finale du film et sublime la chorégraphie de Mads Mikkelsen. Enivrant, il incarne à merveille l’esprit de Drunk, qui est finalement un « hommage à la vie ».

En bref, un film à voir sans modération dès la réouverture des salles.

Romain Coudert

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