C’est parti !

C’est parti !

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Le tant attendu Festival de Cannes a ouvert ses portes mercredi 14 mai, pour le plus grand plaisir des spectateurs, journalistes, invités, stars, acteurs, réalisateurs, jurys, érudits, néophyte et on en passe, la liste est longue…

Pour démarrer en beauté cette 67e édition, l’ACD vous propose un petit avant-goût des films que nous avons déjà eu la chance de voir… Vous retrouvez bien entendu sur le site les critiques des films qui nous ont le plus marqué, mais pour l’heure il s’agit plus de faire un petit débrief de nos premières impressions :

Loin de mon père : Une histoire d’amour incestueuse glauque à mourir, par la réalisatrice pleine de joie de vivre de « Mon Trésor » 

Timbuktu : Très beau témoignage de la progression lente mais terrifiante de l’extrémisme religieux dans un village ✭✭✭

Dragons 2 : excellent divertissement, les scènes de vol avec les dragons sont particulièrement réussies ✭✭✭

Saint Laurent : Acteurs parfaits, réalisation stylisée et maîtrisée, construction intéressante du récit qui permet de capter l’essence de Saint Laurent sans chercher à être exhaustif, un vrai moment de cinéma ! ✭✭✭✭✩

Eleanor Rigby : Une compilation de tout ce qu’on ne peut plus supporter dans le cinéma indépendant américain 

The Homesman : Un bon western bien lourd ! 

Les combattants : Une bonne comédie française portée par de jeunes acteurs prometteurs !  ✭✭✭

Bienvenue à New-York: Pas fou… Et puis Depardieu à poil, ça calme. 

 

Rendez-vous dimanche prochain pour les premières critiques ! On vous souhaite une excellente semaine riche en émotions avec Grace de Monaco, The Homesman, Bienvenue à New-York, La chambre bleue, qui sont sortis au niveau national en même temps qu’à Cannes.

festival cannes 2014

 

Le Festival de Cannes… du temps de nos grands-parents

Le Festival de Cannes… du temps de nos grands-parents

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L’excitation est à son comble ! Le festival de Cannes déroulera son légendaire tapis dans moins de 3 jours ! En attendant avec impatience le début des festivités, voici un petit article spécial « naissance » de l’événement…

Sachez tout d’abord que le Festival de Cannes était, à l’époque, plus connu sous le nom de Festival International du Film. En effet, en 1939, Jean Zay, le ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-arts, décide de faire concurrence à la Mostra de Venise. La France doit s’ouvrir sur le monde culturellement et être capable d’attirer les grands artistes.

Si la première édition devait avoir lieu au moment de sa création, ce n’est qu’en 1946 que le Festival de Cannes ouvre ses portes pour la première fois. C’est la naissance de l’un des plus grands événements cinématographiques au monde.

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Le Palais Du Festival, en 1947

A l’origine, pourtant, il était plutôt catalogué comme un événement mondain et peu accessible. Mais petit à petit, il acquiert une renommée sans équivaut, grâce aux vedettes qui viennent fouler le tapis rouge, comme Grace Kelly, Brigitte Bardot, Romy Schneider, Alain Delon, entre autres, et la médiatisation incroyable que connait l’événement.

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Brigitte Bardot, en 1956, sur la plage

La Palme d’Or ne voit le jour qu’en 1960 : elle succède au Grand Prix, qui décernait jusque-là le meilleur film en compétition. Au fils du temps, la sélection s’agrandit, se développe et se diversifie. Le Festival met en place de nouveaux prix.

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Federico Fellini, 1960

La création de son Marché du Film, en 1959, permet de promouvoir les rencontres entre les différents acteurs du milieu cinématographique. Bien que les débuts fussent difficiles, il représente aujourd’hui le premier marché professionnel mondial.

« Le but du Festival est d’encourager le développement de l’art cinématographique sous toutes ses formes et créer et maintenir un esprit de collaboration entre tous les pays producteurs de films »

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Ambiance sur la Croisette, 1951

Il semble que, de nos jours, la mission n’ait pas changée. Le Festival de Cannes est l’un des événements les plus prisés, parce qu’il représente le monde cinématographique dans toute sa splendeur, parce qu’il dévoile des talents, parce qu’il récompense des chefs-d’œuvre… En faisant rêver aussi bien les petits que les grands, en attirant les novices comme les experts, le Festival de Cannes est à la fois très ouvert et très… « select ». Et c’est ça qui fait toute sa magie.

Sophie Wlodarczak

Grace Kelly fait parler d’elle – Cannes 2014

Grace Kelly fait parler d’elle – Cannes 2014

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Le festival de Cannes 2014 a choisi d’ouvrir les festivités avec Grace de Monaco (hors compétition) réalisé par Olivier Dahan. Si le film attise la curiosité des cinéphiles, il fait bondir les héritiers de la Princesse.  Trop de glamour, trop de fiction, trop de paillettes. C’est globalement l’avis du Palais.

Alors qu’il y avait déjà eu une polémique entre le réalisateur et son producteur américain Harvey Weinstein,  un nouveau débat s’engage sur le film. Plus de trente ans après son décès, Grace Kelly est toujours sur le devant de la scène. Retour en films sur le parcours de cette femme pas comme les autres.

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Grace Kelly est née en 1929 aux Etats-Unis. Elle débute sa carrière au théâtre, mais c’est le cinéma qui fera d’elle une star. Repérée par hasard par Gary Cooper lors d’une visite de studio, elle se fait engager pour jouer dans Le train sifflera trois fois, film qui la révèlera aux spectateurs.

Le second rôle qu’elle tient dans Mogambo, de John Ford, marque la critique à tel point qu’elle est nominée pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin. Par la suite, elle séduit Hitchcock, qui la propulsera vers la gloire avec  Le crime était presque parfait.

En 1955, elle remporte l’Oscar de la meilleure actrice pour Une fille de la province, de George Seaton. Alors qu’elle brille dans le milieu du cinéma, elle met fin à sa carrière d’actrice pour épouser le prince Rainier III de Monaco, en 1956.

Hitchcock restera vraisemblablement le réalisateur le plus marquant dans la filmographie de la Princesse. Fenêtre sur cour et La main au collet (ainsi que sa scène mémorable du baiser) resteront probablement encore longtemps dans nos mémoires.

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Dans La main au collet, avec Gary Grant

 

Sophie Wlodarczak

 

Qui est Lambert Wilson ?

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Figure de proue du cinéma français, Lambert Wilson a été choisi pour être le maître de  cérémonie du Festival de Cannes cette année. Mais si Lambert Wilson est bon acteur, il est aussi chanteur. Cet artiste complet navigue entre scène de théâtre, plateau de tournage, salle d’enregistrement et de concert… Dans le cadre de notre thématique « Cannes », revenons sur le parcours de cet homme prédestiné au milieu artistique.

Lambert Wilson est le fils de Georges Wilson, qui était un grand acteur, metteur en scène et directeur du Théâtre National de Chaillot. C’est donc très jeune qu’il est plongé dans l’univers du théâtre. Il se dirige sans hésiter vers des études d’art dramatique, où il apprend les ficelles du métier d’acteur, mais aussi quelques notions de chant qui lui seront précieuses pour la suite.

Ce polyglotte touche à tout commence sa carrière française dans les années 80 dans un film de Jean Girault (on lui doit tous les « Gendarmes », avec les fameux Louis de Funès, Michel Galabru, Guy Grosso…). En 1989, il reçoit le Prix Jean-Gabin pour son interprétation de l’Abbé Pierre dans le film Hiver 54, l’abbé Pierre.

Son grand atout est d’avoir la chance de jouer dans des films bien différents : il passe avec une aisance déstabilisante de la comédie musicale (On connait la chanson, en 1997, du très grand Alain Resnais), à la comédie populaire (Jet Set en 2000) ou décalée (Palais Royal ! en 2005 aux côtés de Valérie Lermercier). Son rôle dans Matrix Reloaded et Matrix Revolutions en 2002 a propulsé sa carrière internationale.  En 2010, il joue le rôle de Frère Christian de Clergé dans le magnifique Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, qui fut récompensé par le Grand Prix du Festival de Cannes. Il est aussi celui qui prêta sa voix à Ernest dans le très poétique et joli film d’animation Ernest et Célestine. En ce moment, vous pouvez le retrouver dans les salles avec Barbecue.

On passera les détails de ses grands succès théâtraux ou télévisuels, car ils sont nombreux. Lambert Wilson est incontestablement un artiste hors pair. On comprend pourquoi il a été désigné comme maître de cérémonie à Cannes.

FOCUS SUR SON ROLE DANS DES HOMMES ET DES DIEUX DE XAVIER BEAUVOIS

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Frère Christian a transformé l’image qu’on a de Lambert Wilson. Dans le rôle de ce moine érudit, il a bouleversé les spectateurs. Lui-même n’en revenait pas du succès phénoménal du film. Pour la première fois dans sa carrière d’acteur, il a dû être juste et cohérent. Ne pas en rajouter. S’affranchir de la séduction. Pas évident quand on connait la filmographie de l’acteur…

Des hommes et des dieux s’empare de l’événement de l’année 1996 pour en faire un film splendide. Cette année-là, sept moines trappistes français s’étaient fait enlever et assassiner en Algérie. Les coupables n’ont pas été identifiés.

Le film reprend les faits, en exposant huit moines français, perchés dans leur monastère situé dans les montagnes du Maghreb. Ils vivent en harmonie avec les frères musulmans. Mais quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L’armée propose une protection aux moines, qui refusent. Que doivent-ils faire ? Partir pour sauver leur vie, ou rester pour soutenir la population déboussolée par un climat de guerre civile ? Ils choisissent de ne pas bouger, de ne rien lâcher, malgré le danger.

Un film que l’on vous conseille fortement, pour ces acteurs et sa mise en scène, pour sa musique, pour son histoire… On en reste bouche bée.

Et pour finir tout en rythmique, on vous propose vous laisser entrainer par sa chanson « Trois c’est trop »… Image de prévisualisation YouTube

festival cannes 2014

Sophie Wlodarczak

Sélection officielle du Festival de Cannes 2014

Sélection officielle du Festival de Cannes 2014

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La sélection tant attendue de la 67e édition du Festival de Cannes a été dévoilée ce mercredi, pour le plus grand plaisir des cinéphiles. « C’est captivant pour les critiques, angoissant pour les cinéastes, risqué pour les sélectionneurs », a déclaré Gilles Jacob, le président du Festival.  Temps fort du festival, cette annonce calme les impatiences de chacun, mais seulement pour un instant. On attend maintenant le 14 mai pour la cérémonie d’ouverture !

L’ANNEE 2014

Avant de prétendre remporter la Palme d’Or, encore faut-il entrer dans la compétition… Sur 1800 films envoyés , seuls 50 ont été retenus pour être dévoilés à Cannes. Cette année, comme les précédentes, la sélection s’est montrée exigeante.

Pour éviter d’être trop fastidieux, nous avons choisi de parler des catégories EN COMPETITION et HORS COMPETITION, laissant de côté les catégories UN CERTAIN REGARD, SEANCE DE MINUIT, CANNES CLASSICS ET SEANCES SPECIALES. Quelques commentaires seront apportés, afin d’y voir plus clair.

Hors Compétition 

Grace de Monaco, d’Olivier Dahan. Avec Nicole Kidman.FRANCE

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C’est le film d’ouverture du Festival. Le réalisateur, Oliver Dahan (La Môme, en 2007), a choisi de centrer le biopic sur l’année 1962, qui marqua profondément la jeune Princesse. En effet, alors que son couple bat de l’aile et que Monaco menace de se faire annexer par la France, Hitchcock lui propose de jouer le rôle de Marnie dans son prochain film. Que faire : répondre à son devoir royal, ou se laisser guider par son premier amour, le cinéma ?

Coming Home, de Zhang Yimou. CHINE

Le film est inspiré d’un roman de Yan Geling (une célèbre auteure chinoise). Il raconte l’histoire d’un dissident chinois qui, après 20 ans de travail forcé dans un camp, retourne chez lui. Mais il se retrouve face à une épouse qui l’a oublié. Il décide alors de tout faire pour la reconquérir.

Dragons 2, de Dean DeBlois. USA

DreamWorks avait réussi à nous bluffer avec Dragons (le 1). Prouesse technique, film d’animation plaisant et intelligent, on espère que le 2e sera à la hauteur du précédent… A suivre.

Les Gens du Monde d’Yves Jeuland. FRANCE

Un film qui célèbre les 70 ans du journal Le Monde. Sortie prévue en septembre 2014

En compétition

Sils Maria, d’Olivier Assayas. FRANCE, ALLEMAGNE, SUISSE.

Avec Juliette Binoche, Chloe Grace Moretz et Kristen Stewart

Saint Laurent, Bertrand Bonello. FRANCE

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Avec Gaspard Ulliel (Un long Dimanche de fiançailles, Jacquou Le Croquant…)  et Léa Seydoux. Après le très gros succès du film Yves Saint Laurent de Jalil Lespert, où on découvrait le jeune Pierre Niney, on se demande comment sera accueilli ce nouvel « épisode » de la vie d’un des plus grands couturiers. Le film se concentre sur la période 1965-1976, où Saint Laurent est au sommet de sa gloire professionnellement parlant, mais pas de sa vie personnelle.

Sommeil d’hiver de Nuri Bilge Ceylan. TURQUIE

Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est sentimentalement éloigné, et sa sœur Necla qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, la neige recouvre la steppe et l’ennui ravive les rancœurs, poussant Aydin à partir.

Maps to the Stars, David Cronenberg. CANADA, USA

Avec Julianne Moore, Robert Pattinson.
Après Cosmopolis, en compétition à Cannes en 2012, David Cronenberg revient à l’attaque avec Maps to the Stars. Il faut visiblement s’attendre à une histoire de fantôme doublée d’une bonne critique de l’obsession de la célébrité à Los Angeles. L’histoire est celle de la famille Weiss, issue d’une grande dynastie hollywoodienne, dont le père a fait fortune en vendant des livres sur l’autogestion.

Deux jours, une nuit, des frères Dardenne. FRANCE, BELQIQUE

Avec Marion Cotillard.
Sandra, aidée par son mari, n’a qu’un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son travail.

Le dernier film des Frères Dardenne, le Gamin au Vélo, avait remporté quelques belles récompenses, et notamment le Grand Prix du Festival de Cannes. Un présage pour Deux jours, une nuit ?

Mommy, de Xavier Dolan, FRANCE

Après Tom à la ferme (dont la critique est en ligne), Xavier Dolan met en scène une mère ayant la garde d’un enfant difficile.

Captives, d’Atom Egoyan, CANADA

Un thriller oppressant où Ryan Reynolds doit faire face à la disparition mystérieuse de sa fille, qui, 8 ans après, s’avère être toujours en vie.

Adieu au langage, de Jean-Luc Godard. FRANCE

Un film mystère et à première vue désarçonnant. Le réalisateur de la Nouvelle Vague ne s’épanche pas sur son nouveau film. Vraisemblablement tourné en 3D, ce long métrage raconterait l’histoire d’une femme mariée qui rencontre un homme célibataire. On n’en sait pas vraiment plus. Surprise, donc. Vous pouvez voir la bande annonce et en apprendre un peu plus ici

The Search, de Michel Hazanavicius. FRANCE

Avec Bérénice Bejo
Entre 1999 et 2000, lors du conflit opposant les Russes et les Tchétchènes, Carole, infirmière et membre d’une ONG, recueille un jeune enfant tchétchène. En parallèle, on suit l’histoire d’un jeune soldat russe.

The Homesman de Tommy Lee Jones. USA

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En 1855, trois femmes ayant perdu la raison sont chassées de leur village, et confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska. Sur sa route  vers l’Iowa, là où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de Georges Biggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. Ils décident de s’associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière.

Still The Water, de Naomi Kawase, JAPON

Le film raconte l’histoire de Ten, un adolescent de 14 ans, et de son amie Kyoko vivant au contact de la nature du l’île d’Amami Oshima.

« Je voudrais que les spectateurs se rendent compte que nous, les êtres humains, ne sommes pas au centre de toutes choses ; nous ne sommes qu’une partie du cycle de la nature. Il me faut construire une histoire qui mène à la conclusion que cet immense cycle dans lequel nous sommes contenus est d’essence divine. Notre âme est complexe, vague et imprévisible. J’espère, par cette histoire, voir mûrir l’homme au contact du dieu que l’on appelle « nature ». Que le temps du film puisse enrichir son âme », a déclaré la réalisatrice en évoquant Deux fenêtres.

Mister Turner, de Mike Leigh. ANGLETERRE

Après Another Year, Mike Leigh revient avec le biopic de la vie du célèbre peintre impressionniste William Turner.

Jimmy’s Hall, de Ken Loach. ANGLETERRE

1932 – Après un exil de 10 ans aux Etats-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale. L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis… Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer de jeunesse gratuit et ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier ou discuter. Le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Foxcatcher, de Bennett Miller. USA

Avec Steve Carrell, Channing Tatum et Mark Ruffalo

Médaillés d’or olympique en 1984, Mark et Dave Schultz devraient être au sommet alors qu’ils s’apprêtent à défendre leur titre aux prochains Jeux de Séoul. Pourtant, Mark est licencié de son poste d’entraineur de lutte, tout comme son frère aîné, et il se démène pour s’entraîner seul. Mark retrouve espoir lorsque le philanthrope et millionnaire John du Pont lui propose de rejoindre son club de lutte flambant neuf, situé dans son luxueux domaine de Foxcatcher. Dave tombe lui aussi sous le charme du patriote excentrique, séduit par la perspective de mettre en place la meilleure équipe de lutte au monde. Mais les délires paranoïaques de Du Pont et sa volonté irrationnelle de garantir la victoire des États-Unis à l’étranger vont prendre le pas sur sa générosité et sa bienveillance…

Les Merveilles, d’Alice Rohrwacher, ITALIE

Avec Monica Bellucci.
Gelsomina, une jeune fille qui vit avec ses sœurs et son père, voit son existence tout à coup révolutionnée par l’arrivée d’un certain Martin.

Relatos Salvajes, de Damian Szifron, ARGENTINE

Vulnérables face à une réalité trouble et imprévisible, les personnages de Relatos salvajes, traversent la frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amoureuse, le retour du passé, une tragédie ou même la violence d’un détail du quotidien sont les détonateurs qui poussent ces personnages vers le vertige que procure la sensation de perdre les étriers, vers l’indéniable plaisir de perdre le contrôle.

Leviathan, de Andreï Zviaguintsev, RUSSE

Kolia habite une petite ville au bord de la mer de Barents, au nord de la Russie. Il tient un garage qui jouxte la maison où il vit avec sa jeune femme Lylia et son fils Romka qu’il a eu d’un précédent mariage. Vadim Sergeyich, le Maire de la ville, souhaite s’approprier le terrain de Kolia, sa maison et son garage. Il a des projets. Il tente d’abord de l’acheter mais Kolia ne peut pas supporter l’idée de perdre tout ce qu’il possède, non seulement le terrain mais aussi la beauté qui l’entoure depuis sa naissance. Alors Vadim Sergeyich devient plus agressif…

Tombouctou, d’Abderrahmane Sissako. MALI

Vous retrouverez un article très intéressant à propos du film sur France Culture

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En attendant de voir les films, et pour mettre un visuel sur tous ces titres, vous pouvez aller sur le site du Festival de Cannes pour y découvrir les affiches des films en compétition.

Sophie Wlodarczak

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L’ACD, LE FESTIVAL DE CANNES ET JANE CAMPION

L’ACD, LE FESTIVAL DE CANNES ET JANE CAMPION

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A l’occasion de la 67e édition du Festival de Cannes qui se déroulera du 14 au 25 mai 2014, l’ACD a décidé de vous faire partager sa passion. A travers quelques publications « spécial Festival », vous pourrez en apprendre plus sur cet événement mythique. Chaque semaine, et ce jusqu’à notre départ, vous retrouverez un article dédié aux membres du jury, aux films en compétition, aux différentes catégories de prix décernés, à l’histoire du festival…et bien d’autres choses encore.

Alors rendez-vous le dimanche soir pour tout savoir !

LA CREME DE LA CREME DES REALISATRICES : JANE CAMPION, PRESIDENTE DU JURY DU FESTIVAL DE CANNES 2014

Pour commencer notre panorama, nous avons choisi de vous présenter la présidente du jury 2014 : Jane Campion.

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En 1993, elle remportait la Palme d’Or pour son magnifique film La leçon de piano. Elle est la seule et unique femme de l’histoire du Festival (pour l’heure), à avoir reçu cette illustre récompense. Cette année, elle bouleverse à nouveau les habitudes en devenant la première réalisatrice présidente du jury du festival de Cannes. Visiblement appréciée dans le milieu cinématographique, il nous semble primordial de revenir sur le parcours de Madame Campion.
Qui est-elle vraiment ?

Jane Campion est néo-zélandaise. Le cinéma ne fut pas pour elle une évidence. Refusant de faire du théâtre comme ses parents, elle fait d’abord des études d’anthropologie, puis se dirige vers la peinture. Mais elle n’aime pas les limites de cet art. Elle ne peint d’ailleurs pas très bien, selon ses dires. C’est ainsi qu’elle se tourne vers le cinéma. Elle réalise son premier court métrage Tissues en 1980 avant de partir étudier à l’Ecole australienne du cinéma, de la télévision et de la radio. En 1986, elle reçoit la Palme d’Or du court-métrage au Festival de Cannes, pour An Exercise in Discipline – Peel.  Un signe déjà de sa future consécration.

C’est en 1993 qu’elle réalise le film le plus marquant de sa carrière : La leçon de Piano. Une histoire d’amour fabuleuse et d’une rare pureté, qui gravite autour d’une mise en scène témoignant de son goût pour la peinture. Ces paysages romantiques deviendront d’ailleurs un leit-motiv dans ses réalisations… Le film remporta la Palme d’Or de la 46e édition du Festival.

Elle continue son parcours avec Portrait de Femmes en 1996, puis Holy Smoke en 1999. Elle s’entoure d’acteurs talentueux tels que Nicole Kidman, Kate Winslet, Harvey Keitel ou encore Meg Ryan, qui change de registre et défie le monde du cinéma dans l’adaptation du thriller érotique In the cut.

Après plusieurs d’années d’absence, Jane Campion revient dans le registre du beau et de la poésie avec Bright Star. Elle met en scène la rencontre d’un jeune poète britannique, John Keats, et de sa voisine Fanny Brawne avec tant de magie et de délicatesse qu’il est difficile de résister au charme du film. Les sentiments des amoureux transpercent la toile pour nous toucher en plein cœur.

En 2013, elle change de support et réalise la série Top of the Lake diffusée sur le Sundance Channel et en France sur Arte. La série connut un énorme succès critique et d’audience, remportant l‘Emmy Award de la meilleure photographie et le Golden Globe de la meilleur actrice dans une mini-série. Elizabeth Moss (Mad Men) y incarne une policière enquêtant sur le viol et la grossesse d’une jeune adolescente dans un village reculé de Nouvelle Zélande. L’immense beauté des paysages y côtoie une brutalité féroce.
Top of the Lake a été acclamée pour sa représentation des rapports d’oppression homme/femme.

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Bright Star

Vous l’aurez compris, Jane Campion est une artiste hors pair. Sa filmographie marque et marquera pour longtemps le monde cinématographique. En devenant la première réalisatrice présidente de jury, elle prouve, encore une fois, qu’elle n’est pas comme les autres. On attend avec impatience de voir le film que son jury choisira pour la Palme d’Or 2014…

Vivement le 25 mai !

Sophie Wlodarczak

15ème édition du Festival du Film Asiatique de Deauville

15ème édition du Festival du Film Asiatique de Deauville

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L’ACD est venue assister du 8 au 10 mars à la 15ème édition du Festival du Film Asiatique de Deauville. Pendant trois jours et sans se lever de son siège, l’équipe de l’ACD,  a complètement changé de continent afin de vous faire découvrir les richesses culturelles du 7e art.

Neuf films, de nationalités différentes, étaient en compétition lors de ce Festival. C’est le film indien I.D, de Kamal K.M qui a remporté le Lotus du Meilleur Film. Deux films ex aequo ont gagné le Lotus du jury : Four Stations du thaïlandais Boonsong Nakphoo et Mai Ratima du coréen Too Ji-taeu. Le prix de la critique internationale a été attribué au film iranien Taboor de Vahid Vakilifar. Enfin, le prix du public de la ville de Deauville a désigné le film philippin Apparition de Vincent Sandoval.

Les grands réalisateurs Wong Kar Wai et Sono Sion étaient également présents à ce festival afin de recevoir un hommage et de présenter leur tout dernier film (The Grandmaster et The Land of Hope).

Plusieurs grands films asiatiques étaient notamment présentés hors-compétition, dont Pietà du coréen Kim Ki-Duk, Lion d’Or 2012, et Shokuzai de Kioshi Kurosawa.

Pour vous faire partager sa petite escapade dans les terres d’Orient, l’ACD vous dévoile en avant-première ses quelques critiques des films présentés lors du festival :

 

The Grandmaster, de Wong Kar Wai (Hors compétition – sortie prévue le 17 Avril 2013)

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Pour son dernier film, Wong Kar Wai quitte le milieu urbain et ses histoires d’amour habituelles pour nous proposer ici un récit historique sur les grands maîtres du Kung Fu, et plus particulièrement sur Ip Man, l’illustre maître de Wing Chun (technique très célèbre de Kung Fu) qui deviendra par la suite celui de Bruce Lee.

Si le film peut paraître, sur certains points, plutôt obscur  pour les non-adeptes de Kung Fu et pour ceux qui se sentent peu familiers de l’histoire et de la culture chinoise, The Grandmaster est justement l’occasion de s’y plonger, pour la première fois ou non, et de découvrir, à travers les différentes écoles qui le composent, toute la richesse et la complexité de l’art du Kung Fu. Mêlant dans l’intrigue, à la fois les tensions entre les maîtres Kung Fu du Nord et du Sud de la Chine, et l’invasion japonaise qui s’étend sur le pays, le spectateur est invité à mesurer la dureté de cette époque de guerre, qui est aussi celle de l’âge d’or des arts martiaux chinois.

Mais The Grandmaster n’est pas seulement un film historique, ni un simple film de combat. On y retrouve, en effet, toute la poésie propre à Wong Kar Wai, toute la puissance sensorielle de sa caméra. Même si le récit du film semble l’éloigner de ses précédents, comme In the Mood for Love ou Chungking Express, qui placent les histoires d’amour et la question des relations entre les êtres au centre du récit, ce dernier film est, en réalité, très proche de ses représentations habituelles.

Wong Kar Wai continue ici à exploiter le procédé qui l’avait rendu si célèbre dans In the Mood for Love – à savoir l’usage du ralenti – qui se prête particulièrement bien aux différentes scènes de combat qui rythment le film. Décomposant ainsi sur chaque mouvement, chaque regard, chaque pas, chaque vibration (l’eau qui s’éclabousse au contact des coups, le craquement des pas sur la neige, une simple vis qui se décroche d’un mur…), Wong Kar Wai parvient à transmettre une réelle densité du temps, de l’instant. C’est pour cela qu’avant d’être un simple film de combat, The Grandmaster est avant tout un film sensoriel, sur le mouvement, l’art et les tensions entre les personnages ; le temps apparaît alors au spectateur comme suspendu, insaisissable.

C’est à travers trois scènes de combat particulièrement bouleversantes que Wong Kar Wai nous fait comprendre à quel point le Kung Fu n’est pas simplement une technique de combat, mais tout un art de vie, un esprit. Le personnage de Gong Er, interprétée par la sublime Zhang Ziyi (Le secret des poignards volants, Memoires d’une geisha…) incarne cette dévotion que tout grand maître doit abandonner à son art. Prête à tout pour défendre l’honneur de la lignée des Gong et pour conserver le secret de la technique fatale des « 64 mains », cet être invincible, qui n’aura jamais perdu de combat, devra tout de même payer le prix de sa dévotion de manière tragique et héroïque. C’est l’idée qu’un grand maître d’arts martiaux ne l’est pas seulement lors de ses affrontements, mais ne cesse jamais de l’être, à chaque instant de sa vie.

C’est pour cela que, lors d’un combat, d’autres enjeux se jouent entre les grands maîtres, autres que le seul but de mettre à terre son adversaire. Chaque scène de confrontation  catalyse en son sein toutes les différentes tensions qui se font ressentir entre les personnages. Un seul craquement sur le parquet, un simple gâteau s’écroulant en miettes sur le sol, suffisent à désigner le véritable vainqueur, à ruiner l’honneur de toute une famille, à révéler qui est le plus digne des maîtres d’arts martiaux. Aussi peut-il y avoir des combats sans aucun coup ni contact physique (comme celui qui opposent le maître du Nord de la Chine, Gong Yutian, et Ip Man, le représentant du Sud). Cette scène est particulièrement surprenante par la rapidité et la fluidité des mouvements des deux grands maîtres. Ce combat apparaît comme une véritable chorégraphie : chaque geste, chaque mouvement est parfaitement maîtrisé et calculé. Tout se joue dans la finesse, dans ce qu’il se passe derrière le mouvement ; là est tout l’enjeu du film et du style de Wong Kar Wai. Ce réalisateur réussit à nous transmettre tout un langage, toute une multitude d’émotions à travers la simple captation d’un regard, d’un geste…

Mais c’est surtout la confrontation entre Ip Man, interprété par son acteur fétiche, si charismatique, Tony Leung Chiu-wai (Chungking Express, Happy Together, In the Mood for Love…) et Zhang Ziyi qui apparaît la plus poignante. Ce qui est a priori un combat d’arts martiaux entre deux adversaires tend finalement vers une véritable scène d’amour. A travers leur incroyable maîtrise respective du Kung Fu, leur niveau extrêmement proche et élevé, ces deux êtres n’ont pas besoin de mots pour se comprendre ; ce combat dépasse toute sorte de conversation ou d’acte amoureux. Le ralenti extrême qui décompose cette scène permet au spectateur de mesurer toute la tension – à travers le regard notamment – que contient à lui seul l’art magistral du Kung Fu.

Ainsi, ce film offre une parfaite synthèse entre le film historique et guerrier, et le film poétique et sensoriel. Aussi bien les adeptes du Kung Fu que les admirateurs de In the Mood for Love se retrouveront dans cette œuvre ; l’association de ces deux genres, par son incroyable justesse et sa puissance, permet de renouveler nos représentations habituelles et de les rendre d’autant plus riches. Ce film est bien l’œuvre d’un Grand Maître.

 Marion Attia

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  • Retour rétrospectif à travers l’oeuvre de 1994 de Wong Kar Wai, Chungking Express:

Chungking Express

Sur fond de California Dreamin’, Wong Kar-Wai nous dépeint les amours déchus de deux policiers hongkongais, entre le bar Chungking House et le fast food Midnight Express.
Alors que le matricule 223 se promet de tomber amoureux de la première femme qui entrera dans le bar pour oublier May et son goût prononcé pour les ananas, le matricule 663 rencontre tous les soirs l’ingénue Faye dans le fast-food où elle travaille, tentant d’y oublier son hôtesse de l’air envolée, à coups de Chef Salads.
L’un et l’autre vont alors avoir à faire à deux personnages féminins aux antipodes, l’une ne rêvant que de vengeance à bout portant, cigarette et arme à feu à la main, l’autre dépoussiérant vie et appartement avec une candeur d’enfant.
Ce 4ème film de Wong Kar-Wai nous offre donc un voyage pour Hong-Kong tout en légèreté, loin du monde des arts-martiaux qu’on retrouvera dans The Grand Master (2013) : de quoi initier en douceur les néophytes au cinéma asiatique.
Jade Jollivet
Pièta, de Kim Ki-Duk (Hors compétition, Lion d’or 2012 – sortie prévue le 10 avril 2013)
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Bien que le cinéma coréen s’impose depuis longtemps comme l’un des plus riches et percutants, Pietà en est le premier film à recevoir la récompense suprême d’un grand festival européen (Berlin, Cannes et Venise). Lion d’Or 2012, le film de Kim Ki-Duk, un vétéran prolifique, a violemment remué la Mostra présidée par Michael Mann de part sa noirceur et sa violence.

Le film raconte l’histoire de Kang Do, un requin impitoyable dont le boulot est de récupérer des dettes usurières auprès de petits commerçants du quartier de Cheonggyecheon à Séoul. Pour obtenir paiement de leur part, il les torture et les mutile afin de récupérer l’argent de l’assurance. Un jour, une femme qui prétend être sa mère apparaît dans sa vie et implore son pardon, portant la responsabilité de ce qu’il est devenu. Une affection commence alors à s’installer entre eux.

Pietà tire son nom de la sculpture éponyme de Michel-Ange. Reproduite sur l’affiche du film, l’œuvre représente la Madone accueillant le Christ dans ses bras suite à sa crucifixion et symbolise le concept catholique  de la piété, l’amour porté à Dieu par ses fidèles. Ici, Kim Ki-Duk se concentre sur sa signification alternative, celle de l’amour que portent les enfants à leurs parents. Bien que le film, extrêmement noir, ne soit clairement pas construit sur la religion, la symbolique chrétienne est un élément que l’on retrouve, notamment dans une interprétation très personnelle du concept de communion qui ne ravira pas les professeurs de catéchisme.

Une partie du film est consacrée à l’exposition du quotidien de Kang Do, un quotidien extrêmement violent et cruel montré avec un réalisme dérangeant. L’ultra violence, usuelle dans le cinéma coréen, est plutôt mal vécue par une partie du public occidental, et Pietà pousse ici le vice assez loin. Kang Do est un tortionnaire immonde sans la moindre pitié, et Kim Ki-Duk retranscrit avec brio l’horreur du personnage, dont le sol des toilettes est tapissé par des trippes animales. Insensible aux pleurs et aux cris de ses victimes, Kang Do n’est motivé que par l’argent et une pulsion nihiliste. Il semble vouer une haine particulière aux femmes, ponctuant chaque début de journée par un couteau planté dans un dessin qui en représente une.

Le cadre de travail de Kang Do est le quartier de Cheonggyecheon où, traditionnellement, des artisans travaillaient le métal à Séoul dans des petites ruelles à l’organisation anarchique. Voué à disparaître pour être remplacé par des immeubles stériles, le quartier est un symbole des plus dépossédés, qui doivent recourir à des emprunts criminels pour survivre. Cet environnement donne au film une dimension esthétique absolument magistrale, faisant évoluer le mal au milieu du bruit des machines archaïques et d’un désordre pitoyable. Kim Ki-Duk donne à ce quartier une beauté absurde et puissante. Il en fait un fantôme claustrophobe d’un autre temps, une ruine où plus rien n’est à trouver si ce n’est la désolation. Le film transforme cet environnement crasseux en un véritable tableau alimenté et sublimé par le personnage de Kang Do. Une opposition de développe entre l’atmosphère organique qui entoure Kang Do (des viscères sur le sol de sa salle de bain, une anguille qui agonise sur son palier, etc.) et la mécanique métallique qui caractérise le monde de ses victimes.

La vie de Kang Do est perturbée par l’arrivée d’une femme qui prétend être sa mère. Après s’être persuadé de l’authenticité de la déclaration par des moyens plutôt originaux (évitons les spoilers, mais disons que la violence du film passe à la vitesse supérieure), Kang Do commence donc à renouer et à faire preuve d’une affection profonde. Le film oppose alors à sa symbolique religieuse une dimension freudienne, et la relation qui s’installe entre Kang Do et Mi Sun est à la fois touchante et absolument glaçante. Cette affection bénéficie du talent immense des deux interprètes, d’une beauté froide. Jo Min Su (la mère) est particulièrement impressionnante et donne à son personnage un charisme rare. Kang Do devient plus miséricordieux, et c’est à l’inverse ses victimes qui prennent alors une tournure déstabilisante.

La retenue quant aux spoilers m’empêche de parler trop en détail de la dernière partie du film, mais Kim Ki-Duk y pousse le désespoir extrêmement loin. Le film se ferme clairement une grande partie du public en se montrant si radical et violent, mais rien n’y est montré gratuitement. Kim Ki-Duk a grandi dans les marges les plus dépossédées de la société coréenne, et a été profondément marqué par la violence de l’histoire récente de son pays. Il parvient dans Pietà à sublimer son expérience, rendre la misère à la fois belle et dérangeante.

Au final, l’expérience de l’image dans Pietà est exceptionnelle, et le film parvient à créer un sentiment étrange de fascination devant la beauté de la violence. La radicalité du film et ses thèmes (culpabilité, vengeance, pure envie de nuire, rédemption, etc.) le rendent difficile, mais il mérite amplement son Lion d’Or.

Adrien Palliez

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Berlinale 2013

Berlinale 2013

Comme chaque année, l’ACD participe au Festival international du film de Berlin, dit Berlinale. Cette 63ème édition se déroulera du 7 au 17 février 2013, mais pour vous mettre l’eau à la bouche voici un petit aperçu de ce qui vous attend.

Cette année le président du jury est le hongkongais Wong Kar-wai, réalisateur, entres autres, de My Blueberry Nights et In the Mood for Love.

On sait d’ores et déjà que le réalisateur français Claude Lanzmann succèdera à Meryl Streep pour l’Ours d’or d’honneur. Pour lui rendre hommage, une rétrospective sur son travail de documentariste lui sera également consacré. Elle retracera son parcours grâce aux documentaires Pourquoi Israël (1973) – son premier –, Shoah (1985),  Tsahal (1985), Un vivant qui passe (1997), Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures (2001) et Le Rapport Karski (2010).

Du 7 au 17 février, Berlin sera le centre du monde du cinéma. La Berlinale c’est plus de 400 films projetés, des grosses productions au cinéma indépendant, des stars du tapis rouge, des producteurs, réalisateurs et scénaristes du monde entier. Quelques uns des long-métrages sélectionnés viennent d’être dévoilés. Le dernier Gus Van Sant en fait partie. Promised Land est un drame très prometteur dans lequel on retrouve Matt Damon, 15 après sa collaboration avec le réalisateur pour Will Hunting. Le cinéaste autrichien Ulrich Seidl présentera Espoir, suite et fin de sa trilogie Paradise. Aussi, après le très beau In another country avec Isabelle Hupert, le coréen Hong Sang-soo revient avec un long métrage intitulé Nobody’s daughter Haewon. Alors qui décrochera l’Ours d’Or cette année ?

Le programme est enfin disponible ici.

Plus d’informations sur le site de la Berlinale

Bande annonce du film en compétition de Gus Van Sant, Promised Land

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