Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander) (1972)

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe (sans jamais oser le demander) (1972)

De Woody Allen 

Avec Woody Allen , John Carradine, Gene Wilder

Presque vingt-cinq ans avant Mike Myers avec son personnage d’Austin Powers, Woody Allen explorait déjà les mystères du sexe, dans ce troisième long-métrage, nouvel épisode de la série parodique qu’il avait inaugurée en 1969 avec « Prends l’oseille et tire-toi ! », hilarant pastiche des films de gangsters. Ici, ce sont les ouvrages pseudo-médicaux qui sont la cible de son humour dévastateur. N’espérez pas apprendre quoi que ce soit sur le sexe, tout n’est ici que prétexte à mettre en scène les situations les plus farfelues et absurdes. Le film se découpe en sept sketches, censés répondre à des questions primordiales comme : « Pourquoi les femmes n’ont-elles pas d’orgasmes ? », « Les travestis sont-ils tous des homosexuels ? » ou encore « La recherche médicale sur le sexe est-elle satisfaisante ? ». Le cinéaste n’hésite pas à payer de sa personne pour illustrer les chapitres, et restera à jamais inoubliable dans son interprétation du spermatozoïde névrosé. Il n’est d’ailleurs pas le seul à franchir les limites du grotesque, et la palme du ridicule mériterait bien d’être attribuée à Gene Wilder pour son rôle du docteur follement épris d’une brebis nommée Daisy.

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The Truman Show (1998)

De Peter Weir

Avec Jim Carrey , Ed Harris

Truman Burbank mène une vie sans histoire dans une petite bourgade des Etats-Unis. Une jolie fiancée infirmière, un ami d’enfance, un métier peu prenant … Mais tout son bel univers va s’écrouler le jour où il comprendra qu’il est le héros d’une série à succès et que tout autour de lui n’est que fiction ! Un grand succès pour Peter Weir. Une révélation pour Jim Carrey qui passe, d’un jour à l’autre du statut de bouffon à celui d’acteur  » sérieux « . Weir frappe fort via cette critique des médias outre-atlantique qui, au nom des libertés ou de la création, ne cherche, en fait, qu’à aliéner les gens. Fascinant. Avec Jim Carrey, Ed Harris, Laura Linney …

 

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The Big Lebowski (1998)

The Big Lebowski (1998)

De Joel Coen , Ethan Coen 

Avec Jeff Bridges , John Goodman , Julianne Moore

 

Entre joints, vodka et bowling, Jeff Lebowski, dit le Duc, se satisfait pleinement de la vie oisive et un tantinet ringarde qu’il mène en toute marginalité. Et apprécie peu de la voir perturbée par l’irruption brutale de deux hommes de main. D’autant que, non contents de le passer à tabac, ils ne se privent pas d’uriner sur son tapis presque neuf. Et tout ça parce qu’ils le confondent avec un millionnaire qui se trouve porter le même nom que lui ! Sévèrement agacé par la perte de son tapis, il part alors en chasse, accompagné par son pote Walter, un irrascible vétéran du Viêt-nam. Sur fond de duplicité, de détournement de fond et de rencontres incongrues, cette comédie au scénario en béton est intelligemment pimentée de dialogues pétillants, de références ironiques et de personnages hauts en couleur. En hommage aux romans de Raymond Chandler, qui ont largement inspiré les films noirs des années 40, elle en adapte les ingrédients dans une version contemporaine échevelée à souhait. Servi par des acteurs prodigieux de drôlerie, un film complétement fou et irrésistible de bout en bout !

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Quand Harry rencontre Sally(1989)

De Rob Reiner

Avec Billy Crystal , Meg Ryan , Carrie Fisher

Harry (Billy Crystal) et Sally (Meg Ryan) se rencontrent pour la première fois à la fin de leurs années d’Université, alors qu’ils partagent la même voiture pour se rendre à New York. Bien qu’Harry sorte avec la meilleure amie de Sally, il tente malgré tout de séduire sa compagne de route, prétextant qu’il ne peut y avoir d’amitié entre un homme et une femme sans que le sexe ne s’en mêle. Sally le prend aussitôt en grippe…

 

Enorme succès de l’année 1989, cette superbe comédie romantique fut mise en scène par Rob Reiner, qui à cette époque, se remettait difficilement d’un divorce. Si Harry le névrosé est sans conteste l’alter ego du cinéaste, auquel le comédien Billy Crystal a ajouté quelques éléments tirés de sa propre expérience, Sally se fait la porte-parole de Nora Ephron, la scénariste (experte en problèmes de couples puisqu’elle est l’auteur de La Brûlure et la réalisatrice de Nuits blanches à Seattle). Mieux qu’un film sur l’amitié entre les hommes et les femmes, Quand Harry rencontre Sally… met en exergue leurs différences. Les comédiens, irrésistibles, mettent en valeur des dialogues pertinents, et si l’œuvre rappelle souvent Manhattan, de Woody Allen, son ambition est plus prosaïque. Dans la grande tradition des films populaires, il s’agit ici de faire rire, pleurer et rêver, au rythme des vieux standards revus et corrigés par Harry Connick Jr. Du pur bonheur !

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Parle avec Elle (2002)

De Pedro Almodovar 

Avec Javier Camara, Dario Grandinetti, Leonor Watling

Marco (Dario Grandinetti), journaliste désenchanté, a juste eu le temps de tomber amoureux de la célèbre torero Lydia (Rosario Flores) avant que celle-ci, grièvement blessée lors d’une corrida, ne tombe dans un profond coma. A la clinique, où il vient veiller la belle endormie, Marco rencontre Benigno (Javier Camara), un jeune infirmier qui , lui aussi, est au chevet d’une jeune femme dans le coma : une danseuse, Alicia (Leonor Watling)…

Après trois années d’absence, le cinéaste acclamé de Tout sur ma mère, pour lequel il avait obtenu l’Oscar du Meilleur film étranger à Hollywood, l’Espagnol Pedro Almodovar réapparaissait en 2002 avec un film d’une sobriété et d’une gravité inattendues. Loin du clinquant et du folklore de Femmes au bord de la crise de nerfs, Parle avec elle n’est cependant pas un trait tiré sur l’Almodovarisme des années 80. Ce film beau et grave témoigne de l’évolution naturelle d’un cinéaste qui a atteint la cinquantaine, la maturité, et dont l’univers ne cesse de s’enrichir. Une fois n’est pas coutume, Pedro Almodovar fait parler les hommes. Mais le mutisme des deux femmes plongées dans le silence ne les rend que plus fascinantes encore. Magnifiquement filmé et astucieusement mis en scène, ce mélodrame aux tendances morbides, mais incroyablement émouvant, parle d’amour et de mort, de passion et de folie. Du grand Almodovar !

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Man on the Moon (1999)

De Milos Forman

Avec Jim Carrey, Danny DeVito, Gerry Becker

Né en 1949 et disparu prématurément à l’âge de 35, Andy Kaufman fut un showman inclassable, qui connut son heure de gloire durant les seventies avec la sitcom « Taxi » puis l’émission « Saturday Night Live ». Comique dont le dernier souci était de faire rire, chanteur, imitateur, ce curieux personnage déroutant et génial, possédait avant tout un don certain pour la manipulation, les blagues douteuses, et prendre le public à contre-pied. Entre performances sur scènes, happenings et canulars, il est encore aujourd’hui difficile de cerner la personnalité de cet homme qui refusait de prendre la vie au sérieux. Il convient donc de saluer Milos Forman qui, après s’être penché sur Larry Flynt, autre trublion des bonnes mœurs de l’Amérique, livrait avec « Man Of The Moon » une évocation brillante et émouvante d’un artiste hors normes.

Jim Carrey s’est glissé dans la peau de Andy Kaufman avec un talent et une sensibilité qui défient l’imagination. La chanteuse Courtney Love (déjà présente dans « Larry Flynt ») fait une magnifique prestation dans le rôle de Lynne Margulies, la seule femme de la vie d’Andy. Instigateur du projet, Danny De Vito, ici producteur et acteur, était un ami de Kaufman. Enfin, le film doit son titre à la superbe chanson de REM, qui illumine véritablement la scène finale.

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Les Quatre Cents Coups (1959)

De François Truffaut 

Avec Jean-Pierre Léaud , Claire Maurier, Albert Rémy

À treize ans, Antoine Doinel est un garçon rêveur, turbulent et en manque d’affection. Ses parents ne manquent jamais de lui faire sentir qu’il est une charge dont ils se passeraient volontiers. A l’école, il est également loin d’être un élève modèle et accumule réprimandes et punitions. Un jour, pour se justifier d’avoir séché un cours, il prétend que sa mère vient de mourir. Ce mensonge va avoir des conséquences désastreuses…

Le cinéma ayant été son seul compagnon d’une enfance solitaire, François Truffaut est devenu l’un des plus virulents et enthousiastes critiques des années 50, avant de passer lui-même derrière la caméra. Autodidacte et passionné, il réalise en 1958 le court métrage Les Mistons suivi un an plus tard des Quatre Cents Coups, à nouveau sur le thème de l’enfance et inspiré par sa propre histoire. Présenté au festival de Cannes, ce film moderne et innovateur fit l’effet d’une bombe, remportant allègrement le prix de la Mise en scène. Lauréat par la suite de nombreuses autres récompenses, il sera également nominé aux Oscars pour le scénario original.

Attachant et naturel, Jean-Pierre Léaud inaugurait sans le savoir le cycle Antoine Doinel et, du haut de ses quatorze ans, resplendissait de sa fraîcheur et de son style inimitable.

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La vie de Brian (1979)

De Terry Jones

Avec Terry Jones, John Cleese, Graham Chapman

En Galilée, en l’an 0, les Rois Mages venus rendre hommage à Jésus se trompent d’étable et rencontrent Brian, le bébé pleurnichard de Mandy. Ils se rendent vite compte de leur erreur, mais ce qu’ils ignorent, c’est que Brian aura lui aussi son heure de gloire…

 Cette hilarante parodie biblique était mise en scène en 1979 par la troupe des Monty Python (John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle, Michael Palin, Graham Chapman et Terry Jones), déjà célèbre pour ses sketches télévisés et son fameux Sacré Graal. Les propos anticléricaux et blasphématoires de la comédie scandalisèrent les institutions religieuses de l’époque, mais leur indignation ne fit que susciter davantage la curiosité du public, qui fit un triomphe au film. Cette œuvre totalement délirante (même les extra-terrestres sont de la partie) a bien sûr un peu vieilli (les ZAZ sont passés par là), mais elle n’en reste pas moins un sommet d’excentricité et d’humour anglais.

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Le Lauréat (1967)

De Mike Nichols

Avec Dustin Hoffman, Anne Bancroft, Katharine Ross

Famille, études, mariage : Benjamin Braddock (Dustin Hoffman) envoie tout promener. La rébellion du jeune étudiant préfigure les grands vents de mai 68, ainsi que le virage radical pris par Hollywood quelques mois plus tard. On dit souvent de « Bonnie and Clyde » d’Arthur Penn qu’il révolutionna le cinéma américain des années 70. Mais en 1967, c’est bien Mike Nichols et son « Lauréat » qui allumèrent les premières mèches, distillant sexe, contestation et rengaines pop dans cette comédie romantique échevelée.

Dustin Hoffman joue Benjamin Braddock, le lauréat éponyme, face à Katharine Ross et Anne Bancroft dans cette méditation culte des années 60 sur la vie, l’amour et les femmes mûres. Présentant une inoubliable bande originale signée Simon & Garfunkel, Le Lauréat remporta une multitude de prix internationaux, dont 5 BAFTAS, 5 Golden Globes, et l’Oscar® de la Meilleure Mise en scène pour Mike Nichols.

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