Old boy (2003)

De Park Chan-wook 

Avec Choi Min-Sik, Yoo Ji-tae, Gang Hye-jung

Une nuit de beuverie, en 1988, Oh Dae-soo (Choi Min-sik), marié et père de famille, est mystérieusement enlevé en pleine rue. Sans en comprendre la raison, il se retrouve enfermé dans une pièce, sans autre lien avec l’extérieur qu’une télévision par laquelle il apprend bientôt que son épouse a été assassinée, et qu’il est le principal suspect. De manière tout aussi inexplicable, il est brutalement relâché au bout de quinze ans. Alors qu’il cherche à comprendre et à se venger, il est mis sur la piste par le kidnappeur en personne, qui le met au défi de résoudre l’énigme…

 

De l’aveu même de son réalisateur, le Coréen Park Chan-wook, « Old Boy » est une histoire horrible. Cette libre adaptation du manga de Tsuchiya Garon raconte l’histoire d’une double-vengeance, thème récurrent chez un cinéaste fervent admirateur de Kafka et déjà auteur d’un redoutable « Sympathy For Mr Vengeance ». La virtuosité stupéfiante de la mise en scène, esthétisante jusqu’à l’extravagance et incroyablement énergique, n’a d’égal que le machiavélisme, le sadisme et la violence des situations, qui peuvent légitimement heurter la sensibilité des spectateurs. « Old Boy » a remporté le Grand Prix du Jury au festival de Cannes 2004, présidé par… Quentin Tarantino.

 

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Kill Bill Volume 1 (2003)

De Quentin Tarantino 

Avec Uma Thurman , Lucy Liu , David Carradine 

Pour avoir tenté de raccrocher, une tueuse professionnelle (Uma Thurman) est exécutée le jour de son mariage sur ordre de son chef Bill (David Carradine) par ses anciens partenaires qui la laissent pour morte. Quatre ans après, La Mariée sort de son coma et découvre avec désespoir que l’enfant qu’elle portait n’est plus là. Puisque la vengeance est un plat qui se mange froid, la jeune femme fait tranquillement la liste de ses ennemis et se prépare à régler ses comptes…

Dans « Jackie Brown », Quentin Tarantino rendait un hommage passionné à la blaxploitation et son icône Pam Grier. En 2003, avec « Kill Bill », le plus cinéphile des réalisateurs célèbre cette fois le cinéma asiatique (films japonais de yakusas et de samouraïs, mangas et trésors de la Shaw Brothers de Hong Kong) qu’il pimente de références au western spaghetti et de clins d’œil à Hitchcock et Brian de Palma. Plus belle que jamais, Uma Thurman trône sur ce spectacle visuel et musical ébouriffant, où les univers esthétiques s’enchaînent comme des tableaux. Car « Kill Bill », écrit pour et avec Uma Thurman, est aussi une ode à l’actrice, qui apporte à ce délire fantasmatique toute son émotion et humanité. Un film jubilatoire donc, mais également ultra-violent (geysers de sang à gogo) dont il ne faudrait pas sous-estimer l’impact sur les âmes sensibles et les publics non-avertis.

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Kill Bill Volume 2 (2004)

De Quentin Tarantino 

Avec Uma Thurman , David Carradine , Michael Madsen 

Sur la liste noire de la Mariée vengeresse, subsistent trois noms : Budd (Michael Madsen), Elle (Daryl Hannah) et Bill (David Carradine), trois démons qui pourraient bien lui donner du fil à retordre… Contrairement à ce que son titre pouvait laisser penser, Kill Bill : Vol. 2, paru en 2004, n’est pas une suite, mais la seconde partie d’un même film, qui trouve tout son sens et sa dimension avec ce second épisode. Avec lui, on revient aux origines de l’histoire et aux fondements de la mythologie des personnages. Le spectacle hystérique et ultra esthétique du premier volet a laissé la place à un véritable mélodrame psychologique aux accents de tragédie grecque. Les dialogues (remarquables) abondent, et plus que jamais, Quentin Tarantino met un raffinement sadique à filmer des scènes d’une violence et d’une perversion diaboliques. Elève douée, l’impressionnante Uma Thurman est idéalement entourée par les brillants Michael Madsen, Daryl Hannah et David Carradine, acteurs décidément trop rares. Quant à Tarantino, il est parvenu à se créer un univers personnel en mêlant à sa propre expérience ses fantasmes les plus absolus. Chapeau !

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