TOP 10 DES FILMS DE 2017

TOP 10 DES FILMS DE 2017

L’ACD a sélectionné pour vous les 10 meilleurs films de 2017 ! Ce classement est à l’image de l’année : riche et varié avec différents genres, de la comédie musicale au thriller policier en passant par le film de guerre. Un seul point commun : une bande-son exceptionnelle qui marque les esprits et fait résonner le souvenir du film. (Re)découvrez ces chefs d’oeuvre au rythme de leur musique, si souvent essentielle au 7e art (à lire: [Conférence] Musique & Cinéma).

N°10 : Baby Driver, d’Edgar Wright

Après être (malheureusement) passé inaperçu tout au long de sa carrière, Edgar Wright s’est finalement révélé au public comme un grand réalisateur avec son dernier film Baby driver. Suivez le personnage éponyme dans son voyage pour échapper à une vie criminelle tout en rencontrant Debora, sa zébra complémentaire.

Vous n’êtes toujours pas convaincus? Des performances de qualité comme celles de Jamie Fox et Kevin Spacey (RIP à sa carrière) accompagnées d’une bande son qui parvient à maintenir les spectateurs immergés dans l’ambiance du film me semblent des raisons plus que suffisantes. Baby driver parvient à articuler l’esthétisme et l’humour avec des courses-poursuites qui passeront dans l’histoire pour de véritables scènes cultes.

D.R.

N°9 : Blade Runner 2049, de Denis Villeneuve

Le week-end de sa sortie aux États-Unis, Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve s’est classé à la première place du Box-office américain en récoltant près de 31 millions de dollars de recettes.

Cette suite a rapporté presque autant que le premier Blade Runner de Ridley Scott, sorti en 1982. C’était donc il y a 35 ans. L’accueil en Europe et en France du premier Blade Runner avait été chaleureux. Le film de Ridley Scott avait suscité de nombreux éloges, et l’on a rapidement vanté ses qualités visionnaires, son esthétique soignée, ainsi que les nappes sonores restées célèbres de la bande-son atmosphérique.

Et le second film n’a rien à envier au précédent que ce soit pour la direction artistique, les effets spéciaux, le casting (avec Ryan Gosling dans le rôle de K), ou encore le scénario avec des personnages bien développés, notamment le personnage de K.

Si vous avez aimé le premier film ou si vous aimez tout simplement les bon films de sciences fiction, alors ce film est fait pour vous.

Z.B.

A lire : Blade Runner 2049 : simple réplicant ou réussite dystopique?

N°8 : Dunkirk, de Christopher Nolan

[Attention : ce texte a été écrit par un Nolan’s fanboy.]

Christopher Nolan, à l’instar d’un Denis Villeneuve, est un réalisateur capable de créer un blockbuster conscient, un divertissement grand public de qualité, une expérience cinématographique réelle pour tous les types de spectateurs. Dunkirk, dernière production made in Nolan au budget dérisoire de cent millions de dollars, est un film historique montrant l’opération Dynamo de 1940 où l’armée britannique a dû évacuer les plages de Dunkerque (avec l’aide des Français) sous le feu des Allemands.

Nolan, dans une expérience visuelle intense d’une heure cinquante (c’est peu quand on connaît la filmographie du bonhomme), nous livre une vision bien précise de la bataille de Dunkerque. Gargantuesque travail de montage, le film se déroule sur trois unités de temps et de lieu : les cieux, la mer et enfin et surtout la jetée où patientent pendant trois interminables semaines les soldats anglais. L’attente. L’attente insoutenable. Émotion cruciale pour Nolan qui a confié ne pas vouloir réaliser un film de guerre mais bien un survival ».

Ponctué du tic tac incessant d’une musique composée par Hans Zimmer, le film ne fait pas de cadeau à ses protagonistes piégés sur cette jetée rapidement synonyme d’un long et lent purgatoire.

Quelque peu expérimental (il n’y a presque aucun dialogue), Dunkirk est une expérience organique qui scotche le spectateur à son siège et ne le lâche jamais. On frémit au moindre vrombissement annonciateur du passage des avions allemands, on se crispe au sifflement strident des bombes et on ferme les yeux, comme ces pauvres hommes, véritables cibles de foire, piégés sur cette plage, alors que les obus éclatent autour d’eux.

Nolan réussit donc un puissant long métrage, haletant jusqu’à la suffocation parfois, avec des choix visuels extrêmement forts. Même si le prisme choisi par le réalisateur peut sembler étroit pour décrire l’entière complexité d’une des plus grandes opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale, ce dernier donne en réalité une dimension humaine à la guerre. Nous sommes avec les soldats, sur ce sable français, à regarder vers l’horizon, là où nous attend l’Angleterre (oui ce film est patriotique mais Nolan est plus subtile que moi regardez attentivement la fin).

Enfin bref, allez voir Dunkirk mais prenez garde : ce n’est pas un film de guerre comme les autres.

T.W.

A lire : Dunkerque, la victoire de Nolan? 

N°7 : Good Time, de Joshua et Ben Safdie

Connie et Nick, 2 frères, un braquage raté et voilà que les frères Safdie nous plongent dans un voyage au bout de la nuit haletant entrepris par Connie (Robert Pattinson) pour sauver son frère handicapé de prison.

Le film nous amène à suivre Connie le temps d’une nuit dans sa course effrénée portée par un amour fraternel intense et une envie de contrecarrer son destin. Enchaînement de péripéties aussi dramatiques qu’absurdes, on ne sait plus si l’on doit rire ou pleurer de la situation. Tout va très vite, on est embarqué dans un trip acidulé marqué par l’urgence et la frénésie. Le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer, on est complètement happé par le décor à la fois hypnotique et hallucinogène spécifié par les néons des bas-fonds du Queens, la musique onirique d’Oneothrix Point Never et la performance de Robert Pattinson.

Cette chute à 100 à l’heure se caractérise davantage par l’action mais les nombreux gros plans des personnages nous offrent des pauses d’intensité et d’émotion face à ces losers new-yorkais qui semblent condamner à leur sort puisque finalement cette nuit se referme telle une parenthèse sur une scène similaire à la première comme si tout ceci n’avait été qu’un rêve.

Les frères Safdie nous livrent ici une expérience sensorielle des plus exaltantes et poignantes de l’année.

L.B.

N°6 : Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel

Quoi de plus délicat pour un acteur que d’être privé de son instrument de travail ? Comment transmettre des émotions sans une moitié de visage ? C’est le défi que Nahuel Pérez Biscayart a brillamment relevé dans le nouveau film d’Albert Dupontel. Ce dernier retrace l’histoire de deux vétérans de la Grande Guerre, Maillard et Péricourt (Nahuel Perez). Souffrant des différents maux de l’après guerre, ils montent une escroquerie aux monuments aux morts pour survivre dans ce nouveau monde.

Le plan séquence d’ouverture est remarquable, on suit une scène de guerre des plus réalistes qui se finit par Maillard enseveli face à une tête de cheval. Albert Dupontel fait appel à des mouvements de caméra très complexes et variés, ainsi qu’une coloration digne des films de Jeunet. Il a su ajouter à l’oeuvre de Pierre Lemaitre son humour caustique voire gilliamesque, tout en restant fidèle à l’esprit du livre. Les personnages typés comme l’odieux capitaine Pradelle (Laurent Lafitte) qu’on aime haïr et le redoutable maire (Niels Arestrup) participent au caustique du film.

L’oeuvre originelle est riche et cela se ressent sur la diversité des sujets traités : pauvreté, patriotisme, traumatisme d’après-guerre, décadence des bourgeois. Mais le succès du film revient à l’équilibre entre le comique et le tragique, symbolisé par le jeu de Nahuel Pérez, usant de tous ses sens et d’une multitude de masques très expressifs dignes de la commedia dell’arte.

B.G.

N°5 : La La Land, de Damien Chazelle

Au-delà de la très forte (voire excessive pour certains) communication sur le film, vous avez très sûrement entendu parler de La La Land, le film qui réunit Ryan Gosling et Emma Stone, deux acteurs largement appréciés, dans une comédie musicale.

On aurait pu s’attendre à une comédie musicale classique, avec un scénario tout tracé : la beauté et la force d’une héroïne innocente vont être révélés par l’irruption d’un jeune homme dans sa vie. Or, on se retrouve face à deux personnages qui, oui, chantent et dansent puisque c’est le principe même d’une comédie musicale, mais se trouvent un peu à la dérive face à la difficulté de réalisation de leurs rêves respectifs.

C’est donc une histoire non seulement surprenante, mais qui emporte aussi très facilement le spectateur avec un esthétisme simple et la reprise fréquente des thèmes musicaux, qui sont ma foi fort audibles. Il suffit de se poser confortablement dans son siège et de regarder, il n’y a qu’à absorber les images. La La Land est donc un film simple et joli ; on peut justement le lui reprocher (à lire: La La Land, un film anti-transgressif) mais je pense que je peux le qualifier de film « sympathique » sans trop rencontrer d’opposition.

Parce qu’il a marqué 2017 en déchaînant les critiques, tantôt excellentes, tantôt destructrices, et parce que le regarder est synonyme de bon moment, je le recommanderais (et cela potentiellement avec des mouchoirs pour les plus fragiles d’entre vous).

E.R.

N°4 : Mise à mort du cerf sacré, de Yórgos Lánthimos

Si je ne devais retenir qu’une seule idée du dernier chef d’oeuvre de Yórgos Lánthimos, c’est que nos actions ont toujours des répercussions. Mise à mort du serf sacré est l’histoire d’un homme qui est forcé d’affronter les conséquences de ses fautes préalables.

Il est possible que vous ressentiez du stress, de l’angoisse ou peut-être même de la colère. Ce sont ces sentiments qui font preuve de l’expérience cinématographique à venir. Que ce soient les personnages, extrêmement cyniques et sociopates, ou les dialogues – comme celui du personnage principal qui raconte une expérience sexuelle de son enfance pour inciter son fils à se confier à lui – tout est singulier dans ce film. Le rythme est lent, la musique oppressante et on y parle de manière apathique, presque fiévreuse.

A peine commencé, la première scène nous plonge dans un univers étrange et froissant : un gros plan sur un coeur qui bat sur la table d’opération. On comprendra par la suite que tout le film est à cette image : cru, perturbant et qui se veut une véritable autopsie des pulsions humaines.

D.R.

Retrouvez notre critique cannoise du film ici.

N°3: Moonlight, de Barry Jenkins

Personnellement, si je devais conseiller un film pour cette année 2017 ce serait sans hésitation Moonlight. Bon en même temps il fait consensus, il a quand même remporté l’oscar du meilleur film 2017.

Ce drame américain réalisé par le talentueux et engagé Barry Jenkins retrace sous forme de triptyque l’enfance, l’adolescence et la vie d’adulte de Chiron. Jeune homme afro américain de Miami élevé par sa mère – crack Addict- subissant régulièrement les coups et moqueries de ses camarades d’école. Chiron tait depuis toujours son homosexualité, difficile à assumer dans la violence du milieu hostile dans lequel il évolue.

Jenkings est un réalisateur connu pour son engagement pour la communauté noire, notamment avec son long métrage Dear White People. Avec Moonlight il soulève de nombreux sujets forts, souvent tabous ou même occultés aux Etats-Unis. Il soulève les questions du racisme, de la ségrégation, de l’homosexualité… Ce qui pourrait être un brouhaha d’informations s’avère être un film qui se démarque par sa justesse.

L’esthétisme de cette adaptation d’une pièce de théâtre est tout aussi frappant, depuis la bande originale en passant par les acteurs, jusqu’à l’image. Cette pépite du cinéma indépendant américain ne vous laissera pas indifférent.

C.D.

N°2: The Square, de Ruben Östlund

« C’était super, mais franchement, ça m’étonnerait que ce genre de film puisse avoir la palme d’or ». Phrase acédienne à la sortie de la projection du film pendant le festival de Cannes. Et pourtant… Palme d’or du festival de Cannes 2017 et deuxième au classement annuel de l’ACD, The square s’en prend à tous les paradoxes et absurdités du monde de l’art et même de la société en général. La finesse du réalisateur suédois Ruben Östlund, lui permet de dénoncer avec légèreté cette société hypocrite dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Nous suivons un directeur de musée dans sa vie professionnelle et privée qui doit faire face à de nombreuses crises, révélatrices de certains non-sens de notre monde.

La force du film réside à la fois dans tous ces messages, comme le goût pour le buzz sans limite dans nos sociétés gouvernées par les médias, mais aussi la façon dont ils sont mis en scène, avec cette alliance très juste entre l’environnement léché, le scénario juste et les acteurs remarquables, qui nous offre de magnifiques scènes absurdes, de malaise et d’hilarité totale.

Une des scènes qui illustre le mieux la gêne qui peut nous envahir pendant ce film, est celle dans laquelle un comédien engagé par le musée, pousse aux extrêmes les caractéristiques d’un singe, pour une pseudo animation lors d’un dîner de mécènes du musée. Nous sommes tellement gênés, même sur nos fauteuils que l’on se voit presque attaqué par cette « bête ». Cette scène révèle à la fois les comportements particulièrement étranges dans le monde de l’art, mais elle dénonce aussi les réactions des spectateurs, qui font preuve d’une passivité pathologique et d’un profond égoïsme au sein du groupe.

« Ça parle du politiquement correct, c’est une dictature. Cette dictature est aussi horrifiante que d’autres dictatures. Le réalisateur a montré plusieurs exemples du politiquement correct. C’est extrêmement drôle. » Pedro Almodovar, Président du Jury du festival de Cannes 2017. Pas besoin d’en dire plus pour comprendre la place de ce film au sein de notre classement.

V.D.

A lire: The Square, le rugissement de la Croisette

N°1: 120 battements par minute, de Robin Campillo

Entre le Grand Prix reçu à Cannes et les affiches du film placardées sur tous les murs du métro parisien, difficile de passer à côté de 120 Battements Par Minute en 2017.

C’est au début des années 90’, parmi les vifs dialogues lors des réunions hebdomadaires d’Act Up, que nous plonge Robin Campillo, réalisateur du film. L’histoire relate la vie de ces militants qui se sont battus pour la reconnaissance des droits des malades du sida vivant, parfois survivant, dans une société qui ne leur laisse pas de place.

Le film est rythmé par la performance poignante de Nahuel Pérez Biscayart (que l’on retrouve aussi dans Au Revoir là-haut) et par la bande son signée Arnaud Rebotini qui donne une perspective musicale à l’histoire du film résonnant chez le spectateur bien après sa sortie de la salle.

E.A.

Top 3 des sorties ciné de novembre

Top 3 des sorties ciné de novembre

Carré 35

Eric Caravaca s’est lancé un défi des plus risqués, faire un film sur l’absence : l’absence d’archives, l’absence de souvenirs, et surtout celle de sa soeur morte à l’âge de 3 ans. En partant de presque rien, sinon quelques images tournées une soixantaine d’années plus tôt, il mène l’enquête sur le décès d’une soeur qu’il n’a jamais connue et qu’on évoque à grand-peine dans la famille. Il ne sait quasiment rien d’elle, sinon qu’elle est enterrée dans le carré 35 du cimetière de Casablanca. Mais il pressent qu’il y a quelque chose à découvrir, tout un pan de l’histoire familiale à exhumer et une vérité à retrouver. S’il tient autant à cette vérité, ce n’est pas uniquement par souci d’exactitude, mais surtout par l’expression d’un instinct très fort et inconscient qui lui fait ressentir une tristesse qui n’est pas sienne, et lui est d’autant plus étrange et étrangère qu’elle est passée sous silence par tous les autres membres de la famille. Les traumatismes vécus par les parents laissent-ils une trace à leur descendance? Peut-on hériter de la souffrance ? « Je vis, nous vivons avec un fantôme » dit-il de lui et sa famille sur l’un des rares clichés de son enfance.

Parmi ses démarches d’investigation, il interroge l’entourage de Christine. Il y a en premier lieu sa mère, qui reste toujours évasive et essaie de détourner les questions pour finir par déclarer qu’il est inutile de ressasser le passé. La force de son déni est telle qu’elle finit par y croire, et nous touche par sa lumineuse sincérité. Un rejet qui fait écho à un passage de la Porte des Enfers lu par Eric Caravaca : « Maudite soit-elle, cette pierre que je n’ai pas choisie et qui recouvre désormais mon enfant pour l’éternité. J’embrasse tout cela du regard et je crache par terre. Je ne viendrai plus jamais ici. Je ne déposerai aucune couronne. Je n’arroserai aucune fleur et ne ferai plus jamais aucune prière. Il n’y aura pas de recueillement. Je ne parlerai pas à cette pierre, tête basse, avec l’air résigné des veuves de guerre. Je ne viendrai plus jamais parce qu’il n’y a rien ici. » 

Ici, Eric Caravaca finit par faire évoluer le deuil de la mère, resté bloqué au début à sa phase de déni- et fait parler le silence en trouvant le ton juste. Car ce qui frappe avant tout dans ce documentaire, c’est la justesse avec laquelle il est réalisé. Sans être trop larmoyant ni sentimaliste, ou au contraire trop froid et dur, le film parvient à rendre universelle une histoire personnelle, et nous fait pénétrer dans ce terrain à la fois intime et commun qu’est la mémoire.

Y.B.

Au revoir là-haut

Dupontel vient de vous réconcilier avec le cinéma français.

Si vous êtes fatigués du blockbuster insipide à la sauce barbecue ou bien de la comédie facile à la bière, foncez découvrir Au revoir là-haut d’Albert Dupontel. Le film, adapté du roman éponyme de Pierre Lemaitre, retrace l’histoire burlesque et dramatique d’un artiste mutilé pendant la Grande Guerre montant une escroquerie aux monuments aux morts. Un pitch comme celui-ci suffirait à nous séduire.

Même si le scénario souffre parfois de rares faiblesses et certains personnages auraient mérité un développement plus important (mais là on pinaille comme les charognards de critiques Télérama que nous sommes), vous serez emportés par la maestria de Dupontel. Hyperactif, le metteur en scène éblouit dès l’ouverture avec un plan séquence parfaitement exécuté suivi d’une scène de bataille qui n’aurait pas à rougir devant Dunkirk. Jouant avec aisance et habileté entre les différentes utilisations de la courte focale (on voit l’adepte de Terry Gilliam), virevoltant avec des plans séquences audacieux,

Au revoir là-haut est une oeuvre cinématographique au pied de la lettre : l’image nous parle (et oui moi aussi je me pignole intellectuellement). La caméra capte subtilement tous les enjeux qui entourent les personnages à l’aide d’un jeu de cadres et souligne l’effort de reconstitution des décors et du grain de l’époque. Ajoutez à cela la performance remarquable d’une étoile montante du cinéma français, Nahuel Pérez Biscayart (120 Battements par minute), aux côtés de références sûres (Laurent Lafitte, Mélanie Thierry, Niels Arestrup), et vous obtenez un délicieux film à consommer sans modération (et avec un paquet de mouchoirs même pour les durs à cuir). Au revoir là-haut est une poésie mouvante de couleurs et de cadres, d’émotions et de réflexions…

Bref, c’est un très bon film, allez le mater.

T.W.

Mise à mort du cerf sacré

Si je ne devais retenir qu’une seule idée du dernier chef d’oeuvre de Yórgos Lánthimos, c’est que nos actions ont toujours des répercussions. Mise à mort du serf sacré est l’histoire d’un homme qui est forcé d’affronter les conséquences de ses fautes préalables.

Il est possible que vous ressentiez du stress, de l’angoisse ou peut-être même de la colère. Ce sont ces sentiments qui font preuve de l’expérience cinématographique à venir. Que ce soient les personnages, extrêmement cyniques et sociopates, ou les dialogues – comme celui du personnage principal qui raconte une expérience sexuelle de son enfance pour inciter son fils à se confier à lui – tout est singulier dans ce film. Le rythme est lent, la musique oppressante et on y parle de manière apathique, presque fiévreuse.

A peine commencé, le premier plan nous plonge dans un univers étrange et froissant : un gros plan sur un coeur qui bat sur la table d’opération. On comprendra par la suite que tout le film est à cette image : cru, perturbant et qui se veut une véritable autopsie des pulsions humaines.

D.R.

Retrouvez notre critique cannoise du film ici.