Coups de Coeur des Acédiens (2010-2020)

Coups de Coeur des Acédiens (2010-2020)

Nous t’avons révélé notre Top 10 des films de 2019, mais il était aussi important pour nous d’écrire sur nos coups de coeur respectifs de la décennie.

 

La Chasse 

Coup de Coeur de Justine Lieuve

La scène d’ouverture de La Chasse ne laissait nullement présager le drame qui allait se dérouler sous nos yeux pendant deux heures : non loin d’un petit village de la campagne danoise, des hommes dans la force de l’âge sautent nus dans un lac tout en s’apostrophant et en riant à gorge déployée. Parmi eux, on remarque assez vite un homme en retrait, plus discret, plus calme. Lucas a la quarantaine, les traits délicats et le regard doux, légèrement dans le vague ; il détonne face à ses amis plus bruts et plus bruyants. Il travaille dans une maternelle, où il s’entend à merveille avec ses collègues et les enfants ; il vient de divorcer et se bat pour avoir l’autorisation de voir son fils plus souvent. Lucas est foncièrement bon, apprécié de tous ses amis, intégré dans la vie de la commune où subsiste encore une forme de solidarité traditionnelle, là où tout le monde se connaît et s’entraide. Puis vient le jour où Lucas est accusé par Klara, une élève de l’école maternelle et fille d’un de ses amis, de l’avoir attouchée entre deux heures cours. Lucas, tout comme le spectateur, ne comprend pas d’où peut venir cette accusation que l’on sait fausse depuis le début. Mais il est trop tard : à peine les mots prononcés que le mensonge s’est propagé comme une traînée de poudre, a empoisonné les coeurs, a gangréné les relations sociales. Alors que Lucas tente de reconstruire sa vie familiale et amoureuse, le voilà qui voit sa réputation et son intégrité ruinées.

On a parfois reproché à Thomas Vinterberg d’avoir fait un film malhonnête, un réquisitoire contre ceux que l’on a accusé à tort, sous entendu qu’ils sont plus nombreux que l’on ne le croit, d’enlever tout enjeu au film en nous mettant dans la confidence dès le début. Mais plutôt que d’attaquer les fausses victimes – comment, en effet, pourrions-nous nous en prendre à une fillette de cinq ans alors que la vérité sort toujours de la bouche des enfants ? -, La Chasse décortique les rouages du mensonge et de la haine aveugle, la façon dont une rumeur peut enfler, pourrir, jusqu’à la psychose collective, rendue plus aisée par la proximité entre tous les habitants. Le film a l’intelligence de non pas nous perdre dans les méandres d’une enquête policière bien huilée mais de nous placer directement en observateur omniscient qui analyse chaque procédé, chaque geste afin de questionner la facilité du lynchage d’un bouc émissaire trop rapidement désigné – parce qu’il exerce un métier féminin, parce que c’est un homme solitaire. Au fil des heures, nous voyons naître la violence sourde et subreptice – les regards torves, les évitements, les sous-entendus – qui se mue peu à peu en injures, en coups, jusqu’à l’irréparable. La violence a infiltré les individus et les lieux jusqu’à même se trouver là où ne l’attend pas, jusque dans l’église, sous l’oeil d’un dieu que l’on pensait protecteur, qui voit au sein de sa maison même une ire folle éclater.

De par le naturel de la mise en scène héritée du Dogme95 que Vinterberg avait lui-même élaboré quelques années plus tôt – absence de musique, lumière douce et froide, décors d’origine -, le film dépeint avec justesse la cruauté dont sont capables les hommes quand l’aveuglement collectif prime sur la raison. Le titre montre toute l’ambivalence de la nature humaine : la chasse, c’est l’activité qui rassemble les hommes autour d’un même objectif, l’occasion de former un tout qui les dépasse, mais c’est aussi vouloir abattre à tout prix la cible choisie arbitrairement. Alors que le générique apparaît, le spectateur se retrouve sonné, un peu désolé sûrement, avec au dessus de lui cette question lancinante : la vérité triomphera-t-elle toujours à la fin ?

 

The Florida Project

Coup de coeur d’Aude Laupie

Mooney a six ans ; elle vit avec ses amis et sa mère dans le Magic Castle près de Disney World, sous le soleil de Floride. Maintenant changeons de perspective : Halley a une vingtaine d’années, elle vend du parfum sur les parkings pour pouvoir payer son loyer et nourrir sa fille, Mooney. « The Florida Project » séduit par ces deux regards qui s’entremêlent ; le spectateur prend la place tour à tour de Mooney, de Halley ou de Bobby, le gérant protecteur et humain, observateur de ce binôme fragile que forment les deux protagonistes. Sean Baker parvient à peindre un tableau plutôt atypique de la précarité américaine, qui appelle à reconsidérer nos images préconçues : non, être pauvre aux Etats-Unis, ce n’est pas seulement vivre dans le Bronx ou être fermier au Texas. La misère se cache derrière les poupées en plastique, les odeurs sucrées des parfums de contrefaçon, et les vêtements estivaux aussi colorés que fleuris. Cette luminosité des images éclipse en partie la noirceur des conditions de vie des classes populaires aux Etats-Unis ; mais cette éclipse est opportune, en ce qu’elle prend l’allure d’une dénonciation subtile et suggérée, et non d’un pamphlet criant. Ce parti pris social est donc particulièrement bienvenu, et bien amené. 

A cela s’ajoute un regard d’enfant, et ses priorités toutes particulières. Les bêtises des enfants du motel accaparent toute l’attention, et le spectateur appréhende les situations à travers le regard de Mooney, avant tout friand de glaces. La détresse de sa mère, ses propres « bêtises », sont alors décrites par touches, par détails insignifiants pour une enfant mais signifiants pour le spectateur, avec beaucoup de délicatesse et de pudeur. L’enfance est filmée avec une certaine justesse, en proposant une illustration très concrète de l’insouciance : continuer à se sentir princesse dans un château, sans prendre la mesure des fissures qui le menacent. « The Florida Project » m’a marqué pour sa finesse, son traitement des émotions qui évite tout procédé tire-larmes, et sa maîtrise des contrastes ; la scène finale, bien qu’un peu attendue, clôt en beauté ce film admirablement adroit. 

 

La Tête haute

Coup de coeur de Marie Laurent

La Tête haute est un film dont il est difficile de faire simplement l’éloge, car aucun mot ne peut réellement faire rendre compte de la sensation qui nous vient quand on se met face, de cette si brute façon, au combat d’un enfant et de ceux qui l’accompagnent.

Ce film ne se veut pas larmoyant et ne cherche pas la pitié du spectateur, il s’occupe simplement de nous montrer authentiquement une partie des difficultés qui gravitent autour de l’enfant (ici Malory) qui doit être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.

A tous les niveaux le combat de l’enfant placé en foyer est étayé, et les points de vue de la juge des enfants, de l’éducateur et de la mère viennent porter le propos délicat et sensible qui est tenu : aucun enfant ne mérite d’être délaissé et regardé avec mépris.  Tous les enfants ont le droit de vivre et de grandir convenablement, dans un environnement qui leur offre sécurité et bienveillance.

Le film se concentre sur la difficulté de gestion et d’encadrement des centres, sur le tiraillement quant aux prises de décisions de justice, sur le combat intérieur de Malory et sur le grand concept de la confiance et de l’espoir.

Il semble très difficile de faire un film sur le sujet complexe et inconfortable des enfants en situation de rupture familiale et scolaire, et encore plus difficile de le faire de façon nuancée et sans entrer dans le jugement de valeur. C’est alors que Catherine Deneuve porte la voix de la justice désirée face au désespoir de la mère, brillamment jouée par Sara Forestier, et que Rod Paradot se révèle au public en incarnant la rage de vivre et la violence de l’enfant, engendrées par la frustration elle-même née de la misère.

Un axe central du film est celui de l’amour de la mère, qui est contrainte de s’abandonner aux services sociaux malgré son désir de garder près d’elle et de rassurer son fils Malory. Elle incarne l’amour le plus pur, dont l’exercice est freiné par la condition matérielle et intellectuelle dans laquelle elle est emprisonnée : celle d’une jeune mère célibataire, sans argent ni éducation à transmettre.

La lumière de ce film si cru et si direct est la puissance de son humanité. Celle ci fait de lui, à défaut d’une représentation d’une réalité qui se voudrait raisonnable, un cri d’alerte.

En visionnant La Tête haute une fois, puis deux, puis encore de nouvelles, j’ai eu le désir croissant d’agir et de me révolter. J’ai eu envie de me mettre au niveau de tous ceux qui agissent dans ce secteur parfois violent et largement critiqué.

Car le film a touché un point sensible, celui de l’enfance malmenée et de l’éducation, il a réussi à se faire une place digne dans le cinéma français (film d’ouverture au festival de Cannes, César du meilleur espoir masculin, César du meilleur acteur dans un second rôle). Quant à moi, j’ai trouvé ma vocation.

 

Coco

Coup de coeur d’Alexandra Perina

Coco est sûrement l’un des meilleurs films d’animation qui m’a été donné de voir.  Et le film de toutes les audaces (réussies). Mené par les équipes de Lee Unkrich et Adrian Molina qui produisent une réussite signée Pixar tant dans la forme que dans le fond.

On y suit les aventures de Miguel, un petit garçon qui en dépit de la haine de sa famille pour la musique, ne rêve que d’une chose : en faire sa carrière ! Mais pour suivre les traces de son ancêtre, le célèbre artiste Ernesto de la Cruz, il lui faudra risquer sa vie. Suite à un vol de guitare, Miguel, maudit, sera emprisonné dans le royaume des morts. Il devra, pour en sortir, avoir la bénédiction de ses ancêtres avant que le soleil ne se lève. A la recherche d’Ernesto, il se lie d’amitié avec Hector, un squelette un peu filou. Ensemble, ils vont découvrir la vérité sur l’histoire familiale. 

Un synopsis abordant le thème de la mort à travers la culture mexicaine, en abordant des problématiques liées à la famille. Oui, c’est audacieux. Cela pourrait en étonner plus d’un pour un film destiné aux enfants et pourtant Coco surprend par ses belles couleurs chatoyantes, sa lumière et sa joie. Le royaume des morts, loin d’être cette vision glauque et déprimante habituellement servie, est ici un univers féérique dont on ne peut qu’admirer paradoxalement “la vie”. Les morts, représentés par des squelettes très expressifs, mènent une (non-)existence somme toute banale : ils travaillent, suivent la mode, vont en concert… C’est même Miguel, le vivant, qui est ici l’étranger et “l’anormal” ce qui est assez comique. Les personnages sont très attachants.

Techniquement, rien à redire, c’est une claque visuelle. Les dessins sont absolument magnifiques et la scène du pont des feuilles illuminés éblouie. On croise aussi dans le royaume des drôles de bêtes multicolores. Et si on prête attention, de nombreux détails et références sont cachés dans chaque plan !

Tout ceci donne une vision décomplexée de la mort pour les enfants tout en traitant de sujets difficiles comme la transmission, le deuil et l’oubli de manière subtile, honnête et touchante. Ainsi, si personne ne pose ta photo le jour de la célébration des morts, tu ne peux traverser le pont pour voir ta famille… Car on aborde bien la dimension spirituelle de la mort de manière poignante (mais pas de spoil ici). On nous parle aussi des oppositions : entre les jeunes et les vieux, entre le souhait de la famille et les aspirations individuelles, la tradition et l’émancipation…De quoi sortir des réflexions plein la tête.

Le film est bien rythmé par le chant et la danse auquel s’ajoute souvent un comique de situation. Cependant, il ne faut pas se méprendre, l’histoire est somme toute assez triste.  La scène du concert d’Ernesto est exquise. Pas de place pour l’ennui dans cette aventure riche de surprise. Les rebondissements sont crédibles et bien ficelés. La musique crée une ambiance unique, délicieuse par son exotisme, elle nous emporte dans le monde, du début à la fin. Une fin d’ailleurs touchante, humble et pleine de tendresse. Il m’a fallu du temps pour revenir à la réalité après ce film à l’ambiance unique. A voir pour (et avec) toute la famille !

 

Inception

Coup de Coeur de Salomé Ferraris

Rappelez-vous, l’été 2010 démarrait sur des chapeaux de roues. Deux ans après son célèbre The Dark Knight, Christopher Nolan revenait avec une oeuvre aussi complexe que palpitante : Inception. 

Dom Cobb ( Leonardo DiCaprio ) est un voleur et espion passé maître dans l’art de l’extraction, technique consistant à s’approprier les secrets enfouis au plus profond de notre subconscient. Mais cette activité dangereuse lui a fait perdre tout ce qui lui est cher. Afin de retrouver son ancienne vie il va tenter l’irréalisable : l’inception. Il ne doit plus subtiliser un rêve mais implanter une idée dans l’esprit d’un magnat industriel. Il s’agit ici de créer un rêve collectif où l’on peut se perdre… à jamais. 

Tout en respectant les codes d’un film classique de braquage, entre recrutements, entraînements et mission finale, Nolan choisit de plonger dans les arcanes même du cerveau. Pour décortiquer les méandres du subconscient, le réalisateur part d’un postulat simple : l’esprit humain n’est pas soumis aux lois de la physique. Ainsi, malgré les changements de gravité et les emboîtements de rêves ( sur 4 niveaux ), le spectateur  ne se perd pas au milieu de ce labyrinthe onirique. Les rouages narratifs s’imbriquent parfaitement pour former un scénario cohérent et rythmé : celui d’un hold up mental, tant pour la cible que pour le public.

En créant son propre univers dans les rêves, Cobb maîtrise l’espace. Mais il va plus loin en s’amusant avec le temps. En effet, plus l’espion s’enfonce dans les couches oniriques, plus le temps s’écoule lentement. Des années dans le subconscient ne représentent que quelques secondes dans la vraie vie. Cobb a ainsi le pouvoir de créer un échappatoire à sa réalité pleine de remords et de culpabilité. Mais ce n’est qu’une illusion. C’est en se pensant omnipotent que, comme Prométhée, le héros va se retrouver écrasé par ce qu’il fuie. Par ailleurs, la bande-son de Hans Zimmer renforce cet aspect tragique, en apportant prestance et grandiose au film. 

Mais les réflexions sur la notion d’illusion vont plus loin. Le film nous interroge sur les dangers du rêve. Comme nous le dit Cobb : «  les rêves font vrai tant qu’on est dedans. ». Alors comment être certain que nous ne rêvons pas ? Et si la réalité présentée n’était en fait qu’un rêve apparaissant comme réel aux yeux de Cobb et du spectateur ? Le rêve est-il préférable à la réalité ? Au spectateur de juger quelle(s) piste(s) il souhaite emprunter…. 

 

Réalité

Coup de cœur de Gaspard Martin-Lavigne

Mon film de la décennie est Réalité de Quentin Dupieux, sorti en 2014. C’est le sixième long-métrage de Quentin Dupieux, et le meilleur à mon sens, car il condense tout son humour et son génie en une heure et demie d’absurde. Avec en tête d’affiche Alain Chabat, Jonathan Lambert et Elodie Bouchez, Dupieux fait le choix de prendre des acteurs de qualité pour captiver efficacement le spectateur malgré l’invraisemblance de ce qui se passe à l’écran.

Au niveau de l’intrigue, Réalité suit le parcours d’un réalisateur qui cherche à émettre le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma afin que son film soit produit. Lors de ses pérégrinations, il fera la rencontre d’une pléthore de personnages tous aussi loufoques que lui, de l’acteur fou à la petite fille visionnaire (la fameuse Réalité), personnages dont on suivra également le parcours à intervalles réguliers. Les dialogues et les personnages respirent le n’importe quoi, et contribuent autant à divertir le spectateur qu’à lui retourner le cerveau d’une manière plutôt agréable (aussi étonnamment que cela puisse paraître). Les différentes situations sont perturbantes pour beaucoup, mais cela n’empêche pas le film d’être touchant et de faire réfléchir, notamment sur le cinéma en lui-même et en particulier la création d’un film. Soyez prêts à entrer en abyme comme jamais auparavant !

Enfin, on a affaire à un film magnifique visuellement parlant, dans lequel Dupieux se fait plaisir avec des plans larges qui révèlent les vastes étendues de Los Angeles dans un univers lumineux et agréable à l’œil. Il réussit également mettre en scène de très beaux plans qui renforcent le côté onirique de Réalité, à l’image de l’affiche du film. Quant à la musique, on se retrouve enfermé dans une boucle qui consiste en les cinq premières minutes de Music With Changing Parts de Philip Glass, qui accentue la spirale labyrinthique que suit l’intrigue du film.

Excellent représentant du film absurde du 21ème siècle, Réalité est peut-être le deuxième film de ce genre à voir après Le Charme discret de la bourgeoisie. Que vous soyez simplement curieux.se ou cinéphile, vous ne serez pas déçu.e.

 

Boyhood

Coup de coeur de Sophie Pinier

Le temps d’une adolescence,

En 2001, commence le récit fou d’une adolescence. Boyhood, c’est le défis d’un réalisateur, Richard Linklater, de filmer pendant 12 ans les même acteurs et d’en faire une fresque sur l’adolescence, la famille, la vie. Paris osé, défis relevé. De ses 6 à ses 18 ans, on dépeint le destin de Mason (Ellar Coltrane) et de sa famille, sur fond de l’évolution du monde, de l’Amérique et des nouvelles technologies. Regarder Boyhood c’est s’embarquer dans 2h46 de la vie quotidienne de cette famille Texane, sans pathos hollywoodien et sans volonté autre que de montrer l’évolution de ses personnages et en meme temps, d’une société toute entière. 

Alors qu’à premier abord, on s’aventure à le regarder par pur défis cinématographique, on devient vite dépendant de la suite de leurs péripéties. Aux antipodes d’une télé-réalité, cette fiction au budget et à l’ambition moindre nous fait vibrer au meme rythme que le jeune garçon découvre la vie. L’intensité émotionnelle, dépourvue de tout sur-jeu ou exagération, nous plonge avec une certaine pudeur dans sa vie étudiante, familiale et sentimentale. Alors que certaines scènes peuvent paraître banales ou redondantes, comme les ruptures successives de la mère (Patricia Arquette), d’autres, telles que les conversations entre Mason et son père, arrivent à nous fasciner au delà de leur banalité. Cette vacuité, souvent pointée du doigt par la critique, peut se révélée peut être comme une incompréhension du projet du film dont c’est la simplicité qu’effleure Linklater qui en fait tout son charme et son authenticité. Au delà de nous montrer le parcours d’une famille sur une décennie, c’est également un film d’époque, en temps réel. De l’élection d’Obama à l’apparition de l’IPod, en passant par la guerre en Irak, les personnages et les événements flirtent avec l’actualité américaine et mondiale, qui encrent l’oeuvre dans son temps.

Le temps passe, le film évolue, mais toujours avec la même ligne directrice. On se rend à peine compte que le projet s’est étalé sur 12 ans. La subtilité avec laquelle le réalisateur jongle avec les années sans jamais les indiquer, nous fait apprécier le film d’autant plus qu’on remarque peu que celles-ci passent. C’est en cela je pense, qu’on constate que le paris est réussi.